Accords de réadmission : Nous dérivons de plus en plus sans tenir compte de la crise mondiale des réfugiés

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Je me suis exprimée le 20 juin 2018 en commission "libertés civiles" au sujet des accords de réadmission de l'UE.

La vidéo est accessible sur ma chaîne Youtube.

"Nous sommes aujourd’hui la journée internationale des réfugiés. Le nombre de réfugiés a augmenté de 3 millions depuis l’année dernière. Les 2/3 des personnes concernées selon la terminologie du HCR sont des Syriens, des Afghans, des Soudanais du Sud et des Somaliens.

Quand je vous entends, j’ai du mal à comprendre certaines choses.

On fait comme si le droit d’asile était homogène dans l’UE, comme si tout ressortissant d’un pays tiers avait les mêmes chances d’avoir l’asile selon les États. On sait que ce n’est pas le cas, notamment pour les Afghans par exemple. Il y a des « mouvements secondaires » comme on dit, importants entre l’Allemagne et la France en ce moment, parce que la France, à qui j’ai beaucoup de reproches à faire, a un taux d’acceptation sur les Afghans supérieur à celui de l’Allemagne.

Je vous entends avec plaisir dire que vous avez une « préférence pour le retour volontaire ». Moi je dirais que nous avons une obligation et de n’accepter que les retours volontaires, ce serait plus conforme, notamment par rapport aux pays concernés, à la situation des personnes concernées.

Vous nous dites que les pays ont obligation d’accepter un ressortissant qui a quitté leur pays. Certes, mais il y a aussi l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui nous dit que tout personne a le droit de quitter son pays.

Donc comment arrive-t-on à concilier ces deux obligations internationales, y compris quand on dit que les autorités se doivent de délivrer des documents de voyage et qu’elles participent à des procédures d’identification ? Je suis assez sceptique concernant l’Éthiopie et quand je sais que la police soudanaise est venue sur le territoire de mon pays pour identifier un certain nombre de ressortissant, qu’il y en a 250 qui ont été renvoyés de France vers le Soudan et dont un certain nombre ont été torturés dès leur arrivée.

Je pense que nous dérivons de plus en plus, qu’on se félicite de voir le nombre de demandes d’asile diminuer sur le sol de l’Union européenne, le nombre de statuts de réfugié diminuer également. Si ceux sont les indicateurs par rapport à ce qu’il se passe dans le monde, je pense que nous avons un vrai problème et que nous devrions tenir compte de la crise mondiale des réfugiés, or nous sommes en train de faire exactement le contraire."

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche