Amnesty demande à la Commission européenne qu'elle défende les Roms

Amnesty demande à la Commission européenne qu'elle défende les Roms

Amnesty vient de lancer une campagne intitulée "Ici et maintenant. Droits humains pour les Roms. Un coup de semonce pour l’Union Européenne". L'objectif, inciter les institutions européennes à agir fermement pour défendre les droits des roms. La Commission européenne peut et doit lancer des procédures d'infractions contre les Etats qui violent les droits fondamentaux des populations roms.

Pour aider à faire bouger les choses vous pouvez SIGNEZ la PETITION contre les expulsions forcées en France et je vous invite également à lire le rapport ci-dessous.

08/04/2013 - Exigeons de la Commission européenne qu'elle défende les Roms

Discriminations dans l’accès au logement, à la scolarisation, aux soins, les Roms sont considérés comme des citoyens européens de seconde zone. Amnesty exhorte la commission européenne à réagir.

Dans sa campagne intitulée "Ici et maintenant. Droits humains pour les Roms. Un coup de semonce pour l’Union Européenne" Amnesty International déplore les réticences de la commission européenne à poursuivre les Etats membres dont les politiques discriminatoires à l’égard des Roms sont en infraction avec le droit communautaire.

Pourtant, la directive de 2000 de l'UE portant sur "l'égalité raciale" interdit clairement toute discrimination "fondée sur la race et l'ethnicité" dans une variété de domaines, y compris l'accès aux biens et aux services, la protection sociale, la santé, le logement, l'emploi et l'éducation.

Des discriminations qui restent monnaie courante
Dans le domaine du logement, Amnesty International et d'autres organisations ont recensé des expulsions forcées de communautés roms dans plusieurs pays européens, dont la Bulgarie, la France, la Grèce, l'Italie, la Roumanie et la Slovénie. Les Roms expulsés de force sont souvent transférés dans des zones éloignées et, dans certains cas, à proximité de sites pollués ou dans des logements qui ne sont pas conformes aux normes de base en matière d'habitabilité.

Vous aussi agissez contre les discriminations à l'égard des Roms :  "il est temps de mettre un terme aux expulsions forcées en France" SIGNEZEn matière d'éducation, des dizaines de milliers d'élèves roms de la République tchèque, de la Slovaquie et de la Grèce doivent se rendre dans des écoles spéciales, parfois destinées aux jeunes souffrant de "légère déficience mentale", où ils ne peuvent suivre qu'un cursus restreint.

Face à ces graves violations des droits humains, il est difficile de comprendre pourquoi la Commission n'a pas encore agi plus rapidement et plus fortement.

La Commission européenne doit engager des procédures d’infraction
La Commission dispose pourtant de moyens d'action considérables. Elle a notamment la possibilité d’engager une "procédure d'infraction" contre un ou plusieurs Etats membres dont les politiques ou les pratiques sont contraires au droit communautaire, et notamment à la directive "sur "l'égalité raciale".

C’est une procédure qu’elle utilise régulièrement dans d'autres domaines du droit communautaire. De fait, elle ouvre chaque année des centaines de procédures d'infraction touchant à l'environnement, à la fiscalité du marché intérieur et aux transports, entre autres. Certaines procédures concernent même l'absence de transposition de la directive sur l'égalité raciale dans les législations nationales.

Néanmoins, aucune procédure n'a été ouverte à ce jour contre les États membres dont les politiques ou les pratiques sont discriminatoires envers les Roms ou envers d'autres groupes ethniques…

Le cas de la France
En 2010, par exemple, la Commission a fait marche arrière, alors qu'elle menaçait initialement d'ouvrir une procédure d'infraction contre la France en raison de sa politique de démantèlement systématique des campements et d’expulsion du territoire qui ciblait spécifiquement les Roms du fait notamment d’une circulaire du 5 août 2010.

Le 14 mars 2013, le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a affiché sa volonté de mettre en œuvre une politique de fermeté en annonçant la poursuite des démantèlements des campements, sans clarifier comment les garanties ayant trait aux expulsions seraient appliquées.

Enfants Roms lors de l'évenement organisé par Amnesty internationl le 6/4/2013 à Paris©Magali F. Fouquet pour AIFLe samedi 6 avril,  deux jours avant la Journée internationale des Roms, Amnesty International France a organisé un évènement festif et militant pour interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité de mettre fin aux expulsions forcées des Roms en France. Ces expulsions sont illégales au regard du droit international car elles aggravent la pauvreté des familles qui se retrouvent le plus souvent sans abri et elles anéantissent toute possibilité d’intégration rendues possibles par le biais de la scolarisation et l’accompagnement vers l’emploi ou le logement.

En s'abstenant de prendre des mesures fortes, les institutions de l'UE ne parviennent pas à faire rendre des comptes aux Etats membres sur la façon dont ils traitent les Roms.

La Commission doit donc utiliser tous les instruments à sa disposition pour faire face aux multiples formes de discrimination, de racisme et d'autres violations des droits humains subies par les Roms en Europe.

"L’enjeu, c’est l’Europe. L’enjeu, c’est vous." Tel est le slogan officiel de 2013, l'Année européenne des citoyens. Ce slogan doit être une réalité pour tous les Européens, y compris les Roms.

Quelques chiffres éloquents
•Entre 10 et 12 millions de Roms vivent en Europe ; la moitié d’entre eux environ résident dans des États membres de l’Union européenne.
•Huit foyers roms sur 10 sont menacés de pauvreté dans l’UE.
•Les trois-quarts des Européens reconnaissent que les Roms sont en butte à la discrimination.
La majorité des Européens – 53 % – pensent qu’une meilleure intégration des Roms profiterait à l’ensemble de la société.
•En 2012, 34 % des Européens estimaient que les citoyens de leur pays seraient mal à l’aise – et 28 % seulement « plutôt » à l’aise –, à l’idée que leurs enfants aient des camarades de classe roms.
•En Hongrie, en République tchèque, en Slovaquie et en Bulgarie, plus de 120 agressions violentes graves – à l’arme à feu, à l’arme blanche et aux cocktails Molotov, notamment – ont été commises contre des Roms et leurs biens entre janvier 2008 et juillet 2012.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche