Appel de solidarité : Cessez de détruire la Grèce !

Appel de solidarité : Cessez de détruire la Grèce !

Je suis signataire de cet appel à solidarité vis-à-vis de la Grèce et lancé par le Progressive Caucus du Parlement européen avant le prochaine Eurogroupe du 7 avril sur le programme d'ajustement économique de la Grèce !

 

 

 

Strasbourg, 06.04.2017

 

Déclaration de solidarité: "Stop Damaging Greece"

 

 

51 députés européens de différents groupes politiques (Verts / EFA, GUE / NGL, S & D) et membres du Progressive Caucus du Parlement européen ont signé une déclaration commune de solidarité "Stop Damaging Greece" avant le prochaine Eurogroupe du 7 avril sur le programme d'ajustement économique de la Grèce.

L'institution européenne et le FMI agissent au-delà de leur mandat et exigent que la Grèce mette en œuvre une réduction du seuil libre d'impôt, des réductions supplémentaires des pensions et une libéralisation encore plus grande des lois du travail.

Il ne fait aucun doute que la Grèce est toujours l’otage du dogme de l'austérité. Au-delà de la question juridique et normative, l'image de l'Europe imposant à un État membre une dérogation arbitraire aux droits sociaux ne peut que renforcer la déception des citoyens dans les institutions européennes et la démocratie, contribuant à la désintégration de l'Union dans un moment où l'UE fait face à d'énormes défis à l'intérieur et hors de ses frontières.

C'est pourquoi nous devons enfin nous débarrasser des politiques d'austérité et trouver plutôt la force de défendre un allégement substantiel de la dette qui ouvrirait la voie à la reprise économique et à la croissance inclusive de la Grèce.

 

La lettre ouverte a été signée par les députés suivants:

Marina Albiol Guzman (GUE / NGL, Espagne), Martina Anderson (GUE / NGL, Irlande), Lucy Anderson (S & D, Royaume-Uni), Eric Andrieu (S & D, France), Guillaume Balas (S & D, France), Hugues Bayet (S & D , Belgique), Lynn Boylan (GUE / NGL, Irlande), Matt Carthy (GUE / NGL, Irlande), Nessa Childers (S & D, Irlande), Konstantínos Chrysógonos (GUE / NGL, Grèce), Sergio Cofferati (S & D, Italie), Javier Couso (GUE / NGL, Espagne), Karima Delli (Verts / ALE, France), Pascal Durand (Verts / ALE, France), Cornelia Ernest (GUE / NGL, Allemagne), Ismail Ertug (S & D, Allemagne), Ana Gomes (S & D, Portugal), Sylvie Guillaume (S & D, France), Yannick Jadot (Verts / ALE, France), Eva Joly (Verts / ALE, France), Agnes Jongerius (S & D, Pays - Bas), Ska Keller (Verts / ALE, Allemagne), Dietmar Köster (S & D, Allemagne), Stelios Kouloglou (GUE / NGL, Grèce), Kostadinka Kuneva (GUE / NGL, Grèce), Patrick Le Hyaric ( GUE / NGL, France), Paloma Lopez (GUE / NGL, Espagne), Curzio Maltese (GUE / NGL, Italie), Florent Marcellesi (Verts / ALE, Espagne), Edouard Martin (S & D, France), Marisa Matias (GUE / NGL, Portugal), Emmanuel Maurel (S & D, France), Liadh Ní Riada (GUE / NGL, Irlande), Dimitrios Papadimoulis (GUE / NGL, Grèce), Georgi Pirinski (S & D, Bulgarie), Christine Revault d'Allonnes Bonnefoy (S & D , France), Michèle Rivasi (Verts / ALE, France), Virginie Rozière (S & D, France), Lola Sanchez (GUE / NGL, Espagne), Elly Schlein (S & D, Italie), Lidia Senra (GUE / NGL, Espagne), Barbara Spinelli (GUE / NGL, Italie), Bart Staes (Verts / ALE, Belgique), Marc Tarabella (S & D, Belgique), Josep-Maria Terricabras (Verts / ALE, Espagne), Isabelle Thomas (S & D, France), Ernest Urtasun (Verts / ALE, Espagne), Ángela Vallina (GUE / NGL, Espagne), Monika Vana (vert s / ALE, Autriche), Marie-Christine Vergiat (GUE / NGL, France), Julie Ward (S & D, Royaume-Uni).

 

Veuillez trouver ci-dessous la déclaration:

 

 

STOP DAMAGING GREECE

 

Lors de la réunion de l'Eurogroupe du vendredi (7 avril), les ministres des Finances de la zone euro discuteront du deuxième examen du programme d'ajustement économique de la Grèce.

Les institutions [le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne] exigent que la Grèce mette en œuvre une réduction du seuil libre d’impôt, des réductions supplémentaires des pensions et une libéralisation encore plus grande des lois du travail. Il est donc clair que, malgré les déclarations opposées, la Grèce est toujours l’otage du dogme de l'austérité.

Plus d'un tiers (35,7 pour cent) de la population grecque est menacée par la pauvreté et l'exclusion sociale et le taux de chômage atteint 23% - le niveau le plus élevé de la zone euro1  -, tandis que les dépenses de l'État ont été réduites de 31% (2009 -2014)2  et pourtant le FMI et certains États membres exigent de plus en plus de coupes.

Ils demandent de nouvelles réductions de pensions, car ils soutiennent que le système de retraite grec est trop généreux et que les pensions sont trop élevées. La réalité, c’est que les personnes âgées en Grèce sont bien moins nombreuses qu'ailleurs en Europe. 43% des retraités reçoivent moins de 660 EUR par mois, tandis que le revenu annuel par habitant pour les personnes âgées de plus de 65 ans est d'environ 9 000 EUR contre 20 000 dans la zone euro.

Le gouvernement grec est également obligé par le FMI et d'autres institutions agissant au-delà de leur mandat, comme la BCE, d'accepter un démantèlement complet de la négociation collective et d'autres lois du travail sur les licenciements collectifs et la protection des syndicats. Comme l'a souligné à maintes reprises la Commission européenne, cela va à l’encontre du droit européen des droits sociaux et du modèle social européen. Et alors que la rhétorique commune est que la Grèce ne respecte pas les règles européennes, il lui est ironiquement demandé de s'écarter de ces mêmes règles.

Mais au-delà de la question juridique et normative, le point crucial est évidemment politique: l'image de l'Europe imposant à un État membre une dérogation arbitraire aux droits sociaux ne peut que renforcer la déception des citoyens dans les institutions européennes et la démocratie, contribuant à la désintégration de l'Union au moment où l'UE fait face à d'énormes défis à l'intérieur et hors de ses frontières.

Nous devons finalement nous débarrasser des politiques d'austérité et trouver plutôt la force de défendre un allégement substantiel de la dette qui ouvrirait la voie à la reprise économique et à la croissance inclusive de la Grèce.

Les résultats concrets des sacrifices du peuple grec sont maintenant en danger en raison des retards dommageables causés par les différends entre les créanciers et les nouvelles exigences qui mettent en péril l'environnement économique et politique de la Grèce et de la zone euro.

Il faut du courage pour affirmer que nous bénéficierons tous, à long terme, d’un renforcement collectif au lieu de nous couper l’herbe sous le pied. Montrer de la solidarité au lieu du mépris. Mais ce courage est nécessaire si nous voulons construire notre avenir commun.

 

 

1 Le taux moyen de l'UE28 est resté à 23,7 pour cent entre 2008 et 2016 (données ELSTAT)

2 Eurostat data

 

* Le Progressive Caucus est un espace de dialogue basé sur la confiance mutuelle et le débat ouvert. Il vise à analyser les différences et à construire des ponts entre alliés progressistes au sein du Parlement européen et à travers l’Europe. Il a été établi par des députés progressistes de différents groupes politiques et est ouvert à toute personne du Parlement européen se reconnaissant dans les valeurs de solidarité, de justice sociale, de démocratie et de développement durable.

Retrouvez le texte original en anglais en pièce jointe ci-dessous.

Fichier attachéTaille
press_release_progressive_caucus_stop_damaging_greece.pdf362.24 Ko
Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche