Assassinats de soldats tunisiens : un mauvais augure pour les élections de cet automne

Mercredi soir, quatorze soldats tunisiens ont été tués, une vingtaine d’autres blessés et un autre porté disparu.

 Ces assassinats se sont produits dans la région de Henchir El-Talla près de la frontière avec l’Algérie, à l'heure de la rupture du jeûne du ramadan. Les assaillants ont ouvert le feu à la mitrailleuse et au lance-roquettes  sur deux points de surveillance de l’armée.

 Cette attaque innommable,  la plus meurtrière à avoir été enregistrée en Tunisie depuis l’indépendance en 1956, a été revendiquée sur un réseau social par un groupe islamiste lié à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le président Moncef Marzouki a décrété un deuil national de trois jours.

 Fin mai déjà, un groupe djihadiste avait lancé un assaut contre le domicile du ministre de l'Intérieur, causant la mort de quatre membres des forces de l'ordre. Depuis la chute du régime de Ben Ali, une quarantaine de soldats, de policiers et de gendarmes ont été tués dans le pays dans des attaques émanant a priori de groupes islamistes.

 Au delà de l'horreur qu'ils provoquent et de la solidarité avec les familles des victimes, ces faits dramatiques semblent démontrer que les groupes islamistes sont loin d’être neutralisés à quelques mois des élections législatives du 26 octobre et du scrutin présidentiel du 23 novembre. Certains groupes semblent prêts à tout pour empêcher le processus démocratique de se poursuivre.

 Malgré les discours rassurants des autorités et sur fond de contexte régional troublé (Libye, Mali et Sahel), la Tunisie n'est donc pas à l'abri d'une recrudescence de la violence.
 Ceci ne peut qu'interpeller tous les démocrates, attachés aux libertés et n'est pas sans rappeler de sinistres souvenirs dans les pays voisins.

Plus que jamais nous devons montrer notre soutien à la société civile tunisienne.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche