Blocage des immigrés à Vintimille : L'hypocrisie sans bornes des Etats européens

Communiqué de Marie-Christine Vergiat - Députée européenne Front de Gauche élue dans le Sud-Est - Membre de la commission Libertés civiles et membre de la délégation pour les relations avec le Maghreb

Le blocage du « Train de la dignité » ce 17 avril à Vintimille n'est rien d'autre qu'une nouvelle péripétie du "chacun-pour-soi" que les Etats membres, et notamment la France et l'Italie, jouent en matière d'immigration. Avec ces migrants tunisiens, baladés entre deux Etats membres de l'espace Schengen, on franchit une nouvelle étape dans l'hypocrisie.

2011-04-19

Les autorités françaises ont suspendu unilatéralement les liaisons ferroviaires entre l'Italie et la France via Vintimille pendant une bonne partie de la journée de dimanche au mépris des règles communautaires.

Cette décision met une nouvelle fois les autorités françaises au ban de la Communauté européenne mais les pouvoirs publics italiens ne sont pas en reste.

L'Italie n'est en effet pas très crédible d'en appeler à la solidarité européenne alors qu'au cours des derniers mois, elle a fait cavalier seul en signant des accords bilatéraux avec la Libye et la Tunisie de Ben Ali pour refouler massivement des immigrés notamment d'Afrique sub-saharienne vers ces pays où leurs droits les plus fondamentaux, et notamment leur droit à l'asile, n'étaient pas respectés.

Il est assez logique que l'Union européenne refuse de mettre en œuvre la directive 2001/55 (*) qui permet à l'Union européenne de prendre des mesures de solidarité entre les Etats membres en cas d''arrivée massive de migrants.

Comment le gouvernement de l'Italie (pays de plus de 60 millions d'habitants) peut il soutenir que tel est le cas avec ces Tunisiens dont le nombre est estimé à 23 000 depuis le 1er janvier à comparer avec les quelques 150 000 personnes fuyant la Libye que les Tunisiens (très petit Etat en période de transition) ont accueillies avec une grande dignité et un grand esprit de solidarité ou encore avec les quelques 600 000 personnes accueillies par l'Allemagne au moment de la guerre du Kosovo.

Fidèle à ses déclarations xénophobes successives, Claude Guéant lance la chasse aux Tunisiens à la frontière franco-italienne et les deux gouvernements font de la surenchère en ce qui concerne l'application du droit européen qu'une fois de plus on brandit au service des égoïsmes nationaux. C'est pitoyable !

Quelle image envoit-on au peuple tunisien qui vient de se débarrasser de son dictateur et aspire à la démocratie et plus largement aux milliers de Franco-tunisiens qui vivent sur notre sol !

Décidément cette Europe là n'est pas à la hauteur des enjeux actuels sur le pourtour  méditerranéen.

Le groupe GUE/NGL interpellera une fois encore la Commission européenne sur le respect du droit européen et notamment sur la conformité à celui-ci de la circulaire du 8 avril dernier en espérant qu'elle saura, un jour, exercer la même vigilance pour le respect des droits de l'Homme que pour le droit économique conformément aux promesses du Traité de Lisbonne.

(*) Cette directive permet d'accorder une protection temporaire (une sorte d'asile) et une répartition de ces personnes entre les Etats membres, pour des ressortissants d'Etats tiers fuyant une zone de conflit ; elle a été adoptée après que l'Allemagne ait géré à peu près seule les réfugiés fuyant le conflit au Kosovo.

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