Brexit, une sortie en trompe l’oeil ?

Travailleur alpin, Septembre 2016

Une campagne haineuse xénophobe qui débouche aujourd’hui sur la perspective d’un renforcement de la dérégulation au Royaume Uni. Le oui britannique a résonné comme un coup de tonnerre. Le brexit n’était-il pas pourtant prévisible dans un des pays les plus europhobes de l’Union et où les gouvernements n’ont eu de cesse de se défausser de la crise en mettant à l’index les peuples du continent? Mr Cameron, l’ancien Premier ministre britannique, ne s’en est pas privé. Un pompier pyromane. Face à la montée de l’UKIP, le parti nationaliste et xénophobe anglais, il a gagné les élections législatives l’an dernier en brandissant ce chiffon rouge.

Que nous révèle ce vote ? Un pays profondément divisé. Entre villes et campagne, entre catégories d’âge (plus on est vieux et plus on a voté pour le Brexit), entre catégories sociales...Un pays désuni, aussi. Le Royaume Uni est composé de quatre nations et de quatre peuples. L’Angleterre et le Pays de Galles ont voté en faveur du brexit, tandis que l’Ecosse et l’Irlande du Nord ont voté contre à plus de 60 % avec des risques d’explosion du royaume sans parler des tensions politiques en Irlande sur lesquelles nos ami-e-s du Sinn Fean ne cessent de nous alerter.

Ce non n’est pas un non de gauche. La campagne a été haineuse, populiste et xénophobe et ce sont les droites et l’extrême droite qui peuvent en profiter. Il n’y a pas de quoi se réjouir et surtout pas pour les peuples britanniques. Comme l’a si bien avoué Marine Le Pen au parlement européen, la perspective est celle de la signature d’un accord de libre-échange. Bel aveu de mépris des peuples.

Du côté des institutions européennes, ce sont les chefs d’Etat qui s’agitent, y compris le nôtre, qui a fait des propositions grandguignolesques en deux points : plus de sécurité et plus de défense. Quant aux Britanniques, ils n’ont toujours pas notifié le Brexit empêchant ainsi tout début de négociation d’une éventuelle sortie.

Craignons donc qu’une nouvelle fois la voix d’un peuple européen ne soit  bafouée. Car le plus vraisemblable est que la négociation à venir ne changera pas grand-chose au regard des nombreuses dérogations déjà accordées au Royaume-Uni à commencer par la non appartenance à l’espace Schengen et à la zone euro.

Brexit, une sortie en trompe l’oeil ?
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