C'est un autre partage des richesses qui fera croire en l'Europe, pas le carcan de l'austérité et du chômage

C'est un autre partage des richesses qui fera croire en l'Europe, pas le carcan de l'austérité et du chômage

La Commission européenne est venue mardi 23 novembre 2010 présenter au Parlement européen son programme de travail pour l’année 2011.
Dans ce cadre, Patrick Le Hyaric s'est adressé au Président de la Commission M. Barroso :

Monsieur le Président Barroso, chers collègues,

La Commission semble raisonner comme si l’Europe n’était pas prise dans l’étau d’une crise extrêmement grave. J’ai découvert avec stupéfaction que vous écrivez même dans votre document de présentation de votre programme de travail, je vous cite : « Les signes de reprise sont clairs ». Où avez-vous vu des signes de reprise pour les chômeurs, celles et ceux qui se font chaque jour licencier, pour les pauvres, les privés de logement, les familles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts ? Votre ligne de conduite est toujours de soutenir la finance. Savez-vous que vous aurez décidé de donner plus de 400 milliards d’argent public aux banques désormais ? J’ai fait comparer le chiffre de réduction, « d’économies »  sur les dépenses sociales et publiques utiles. Comme par hasard, celles-ci se montent exactement à 400 milliards, que vous avez retiré de la satisfaction des besoins sociaux des peuples pour les huit pays qui sont aujourd’hui sous le feu de plans d’austérité drastiques.

Vos choix sont inefficaces. Je propose que votre programme de travail inscrive à son ordre du jour la décision de procéder à une évaluation des résultats concrets pour les travailleurs et les citoyens européens de la mise en œuvre des traités de Maastricht et de Lisbonne. L’issue, à mon sens, n’est pas dans l’austérité salariale et budgétaire. Celle-ci provoque la récession et aggrave la crise. L’issue devrait plutôt s’articuler autour de : l’augmentation de la rémunération du travail ; de l’amélioration des protections sociales et des systèmes de retraite par répartition solidaire ; la mise en place progressive d’un revenu minimum dans l’Union européenne. De la mise à contribution des revenus du capital aux finances publiques et donc d’une nouvelle justice sociale.

Pourquoi ne décidons-nous pas immédiatement de lancer le travail d’étude et le processus législatif pour une taxation des mouvements de capitaux et la mise en place d’un autre système de crédit, avec un rôle nouveau de la Banque centrale européenne, qui, par création monétaire et par un autre crédit public doit aider les Etats et refinancer les banques à taux d’intérêt très abaissés dès lors qu’il s’agit de la sécurisation des parcours professionnels, de la sécurisation du travail, de l’éducation et de la formation , de l’impulsion de tous les biens publics communs avec de nouveaux services publics, la recherche et l’innovation environnementale. De faire de l’Euro un véritable instrument de coopération monétaire au service des peuples et non un levier pour la spéculation.

M. le Président, c’est un autre partage des richesses qui fera croire en l’Europe, pas le carcan de l’austérité et du chômage .

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