Communiqué de presse : Devoir d’accueil et de protection : Il y a urgence à agir pour que cesse le déni d’humanité

Communiqué de presse : Devoir d’accueil et de protection : Il y a urgence à agir pour que cesse le déni d’humanité

Le « candidat Macron » disait à Calais qu’il fallait « agir avec humanité ».

Le président Macron a réaffirmé au Conseil européen de ce 23 juin à Bruxelles qu’il fallait « accueillir des réfugiés car c’est notre tradition et notre honneur ».

Le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, a manifesté ses plus vives inquiétudes quant au « déni d’humanité » des migrants présents à Calais qui ne disposent même pas d’un accès pérenne à l’eau, ni de distributions de repas adaptées à leurs besoins.

Le 26 juin 2017, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a accordé dix jours à l’État et à la ville de Lille pour « éviter que les migrants soient exposés à des traitements inhumains » demandant la création de points d’eau et de sanitaires, le juge de l’urgence ne pouvant qu’ordonner des mesures provisoires. Gérard Colomb, le nouveau ministre de l’Intérieur, lors d’un déplacement à Calais, le 23 juin également, a appelé les associations à « aller déployer leur savoir-faire ailleurs » invoquant le « fameux appel d’air ».

La situation dans la vallée de la Roya est également un autre dramatique exemple de la façon dont les droits les plus élémentaires des migrants sont bafoués en France. Depuis plusieurs mois, la situation dans la vallée et plus largement à la frontière franco-italienne ne cesse de se dégrader. Non seulement les dispositifs d’accueil sont saturés, les migrants traqués, refoulés sans ménagements, leurs droits les plus fondamentaux niés mais pire, les citoyens qui tentent de leur apporter de l’aide sont harcelés, mis en garde à vue et poursuivis devant les tribunaux.

Le délit de solidarité est censé avoir été abrogé mais Cédric Herroux voit son domicile surveillé en permanence et le parquet vient de requérir huit mois de prison à son encontre certes avec sursis. Même chose pour Pierre-Alain Mannoni, relaxé en première instance, qui vient d’être condamné à trois mois de prison avec sursis et les retraités de l’association pour la défense des migrants dans la vallée du Roya devront payer chacun une amende de huit cent euros pour avoir notamment accepté que deux mineurs montent dans leur voiture. 

Ces atteintes aux droits des migrants ne cessent d’être dénoncées par les ONG présentes sur place. Les rapports se multiplient : le droit international, le droit européen et même le droit national, ne sont pas respectés : contrôles discriminatoires apparentés à des contrôles au faciès, refoulements illégaux, privation de liberté, violations du droit d’asile ou encore non prise en charge des mineurs étrangers isolés.

Pire encore, l’État français utilise la lutte contre le terrorisme pour faire la chasse aux migrants. C’est ce qui se passe avec la demande de rétablissement des frontières à l’intérieur de l’espace Schengen qui est utilisé pour refouler sans le moindre examen de leur situation individuelle les étrangers qui tentent de traverser la frontière franco-italienne. En tant que membre du groupe de travail « Schengen » du Parlement européen, j’ai alerté à plusieurs reprises tant mes collègues que les représentants de la Commission européenne sur cette utilisation irrégulière du droit européen.

Il est temps de changer de politiques et de rompre avec les politiques menées jusqu’à présent pour impulser un vrai changement quant à l’accueil des réfugiés et des migrants sur le territoire français.

À Calais, à Grande-Synthe, dans la vallée de la Roya, à Paris, Porte de la Chapelle et ailleurs, il faut que cesse la chasse aux migrants et la répression de la solidarité. Il faut mettre en œuvre une prise en charge digne et volontaire des réfugiés et des migrants en concertation avec les associations présentes sur le terrain qui soit à la hauteur des valeurs et des engagements de la France.

Notre pays n’est pas confronté à une « crise » migratoire. C’est devenu un pays de transit : les chiffres le montrent surtout quand on fait des comparaisons européennes.

C’est le refus de prendre en compte les besoins de ces enfants, de ces femmes, de ces hommes qui est à l’origine des violations des droits des migrants et qui crée des problèmes de plus en plus insupportables pour toutes et tous.

Espérons que le « plan d’action ambitieux pour redonner son sens à notre tradition d’asile » que vient d’annoncer le Premier ministre sera à la hauteur des attentes et des valeurs dont nos dirigeants aiment à se réclamer.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche