Fermeture du Camp de Dadaab : vers une catastrophe humanitaire sans précédent

Voir la vidéo

Marie-Christine Vergiat, au nom du groupe GUE/NGL. –  Monsieur le Président, le camp de Dadaab, créé en 1991 au moment du début de la guerre civile en Somalie, est le plus grand camp de réfugiés du monde. Il accueille aujourd’hui plus de la moitié des 486 000 réfugiés présents au Kenya. Ils sont très majoritairement Somaliens et, dans une moindre mesure, Sud-Soudanais.

Le pays paie sa présence en Somalie dans la lutte contre les Chabab et subit des représailles, comme en septembre 2013, avec les 172 morts du centre commercial Westgate à Nairobi et, plus récemment, les 148 morts de l’université de Garissa, en 2015. La peur et le rejet montent dans la population kényane.

Comme ailleurs, les réfugiés semblent de plus en plus devenir un enjeu électoral. On assiste à un chantage récurrent à la fermeture des camps et les retours forcés se multiplient malgré la dangerosité et la dégradation de la situation en Somalie et bien que 86 % des Somaliens s’y refusent.

On parle de lutte contre les causes profondes de la migration, mais cela passe d’abord par la solidarité, alors que les réponses proposées sont de plus en plus militaires et sécuritaires. Pire, le HCR n’a récolté que 15 % des 215 millions de dollars dont il a besoin pour prendre en charge les réfugiés du Kenya, alors que la sécheresse ne cesse d’aggraver la situation sanitaire. Nous allons vers une catastrophe humanitaire sans précédent. Il y a urgence.

La communauté internationale prend une lourde responsabilité et les politiques européennes ne sont pas à la hauteur du drame qui se joue ici. L’aide humanitaire est totalement insuffisante.

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche