Frontex : le respect des droits de l'Homme doit primer lors du contrôle des frontières

Frontex : le respect des droits de l'Homme doit primer lors du contrôle des frontières

Les 4 et 5 octobre a eu lieu à Bruxelles une rencontre entre le Parlement européen et les parlements nationaux sur les responsabilités démocratiques dans le domaine de la justice, des libertés civiles et des droits fondamentaux, en évaluant EUROPOL, EUROJUST, FRONTEX et Schengen.
Au cours de cette rencontre, je suis intervenue sur les questions d'immigrations à l'occasion d'un débat sur l'agence Frontex après que mon collègue Humko se soit fait le porte-parole des ONG qui dénoncent les politiques européennes en ce domaine.

"Je tiens à remercier notre collègue Humko (Die Linke Bundestag), dont je partage largement le point de vue et les doutes quant aux missions, voir à l'utilité de Frontex dès lors qu'elle ne se comporte que comme l'instrument de gestion (pour ne pas dire de fermeture), des frontières.
Adversaire du Traité de Lisbonne, je me battrai néanmoins de toutes mes forces pour que les quelques avancées qu'il contient s'appliquent. Je veux parler des enjeux autour de droits de l'Homme, avec l'intégration de la Charte des droits fondamentaux, la future adhésion à la Convention européenne des droits de l'Homme  et les nouveaux droits du Parlement en matière de justice et de droits de l'Homme.
Nous allons examiner deux rapports sur les droits de l'Homme, l'un à l'intérieur de l'UE, l'autre à l'extérieur.
Je suis shadow rapporteur sur deux rapports et je pense que nous allons y examiner à la loupe les conséquences pour les droits de l'Homme des politiques migratoires de l'UE, notamment dans le cadre de la politique européenne de voisinage. Les accords avec la Lybie ou même la Tunisie sont de ce point de vue assez inadmissibles.
Il ne s'agit pas de veiller à faire respecter au minimum les conditions humanitaires pour les hommes et les femmes, voire les enfants qui sont refoulés, mais de leur appliquer les droits de l'Homme dans toute leur universalité.
Ne pas prendre en compte l'immigration dans toutes ces dimensions, c'est mettre en cause la crédibilité de l'UE au niveau international. Il serait grand temps de cesser d'assimiler les immigrants à des délinquants et de ne voir l'immigration que comme un problème.

La politique migratoire ne peut être examinée en dehors des autres politiques de l'Union.
Il serait temps que l'UE prenne conscience que cette vision de fermeture des frontières, de repli sur soi n'est pas à la hauteur des enjeux économiques et sociaux qui s'ouvrent devant nous, à l'heure de la mondialisation, y compris au regard des enjeux démographiques, et des conséquences de la dégradation climatique."

Marie-Christine Vergiat

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche