La liberté de la presse va mal partout dans le monde, y compris en Europe

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Je me suis exprimée en Commission "Droits de l'Homme" le 25 avril 2018 au sujet de la liberté d'expression en présence de Julie Majerczak, Directrice de Reporters sans frontières. A cette occasion, j'ai souligné que nous devons alerter sur le fait qu’il n’y a pas que les pays autoritaires comme l'Egypte qui sont concernés, mais aussi le Maroc et même au sein de l'Europe en Hongrie notamment, mais aussi en Slovaquie et à Malte où deux journalistes ont été assassinés en cinq mois.

"J’ai lu le rapport de RSF et si j’ai bien lu, il y a depuis 2012 une tendance constante à la diminution du nombre d’assassinats de journalistes avec des choses contrastées.

J’ai relevé qu’il y avait de plus en plus de femmes assassinées et de plus en plus dans des pays en paix. Il y a par exemple autant de journalistes assassinés au Mexique qu’en Syrie et je pense que ce sont des choses inquiétantes qu’il faut souligner. De même en Europe avec deux journalistes assassinés en 5 mois et on peut souligner que le Parlement européen a réagi correctement puisque dans les deux cas nous avons adopté une résolution sur le sujet.

Je crois que partout dans le monde la liberté de la presse va mal. RSF parle de média phobie, je sais que ces mots font souvent réagir mais quand on voit l’image du président tchèque cela fait froid dans le dos.

Nous devons alerter sur le fait qu’il n’y a pas que les pays autoritaires qui sont concernés, j’ai noté dans le rapport RSF que dans le nombre de journalistes emprisonnés vous citiez le cas du Maroc. On parle peu de la situation des droits de l’Homme au Maroc et je crois que c’est un pays où la liberté de la presse ne va pas bien, parce qu’il y a des journalistes emprisonnés, parce qu’il y a des journalistes étrangers interdits d’entrer sur le territoire. Je voudrais citer et voir comment continuer d’agir pour eux le cas du journaliste Shawkan, je pense que c’est effectivement symbolique. Il n’a en fait que fait son travail et il risque la pendaison en Egypte. Nous devons aussi rappeler tout particulièrement la situation de Raif Badawi, Prix Sakharov et lui aussi emprisonné pour avoir osé s’exprimer.

J’avais quelques questions peut-être un peu provocatrices.

J’entends bien la préoccupation pour la lutte contre les fake news, j’aimerais comment RSF concilie ça avec la liberté d’expression. Je pense que la lutte contre les fake news et les atteintes à la liberté d’expression ne sont pas aussi évidentes qu’on voudrait le souligner surtout dans le climat que nous venons de décrire.
Ma deuxième préoccupation c’est comment mieux protéger les lanceurs d’alerte, ce que nous ne cessons de demander au Parlement européen et comment cela est compatible avec la question du secret d’affaires dans certains États membres. Je pense que certains journalistes assassinés en Europe le sont sur ce dernier point.

Troisième chose : que peut faire l’UE sans ses États membres, car nous nous prononçons notamment au Parlement européen mais si les Etats membres ne suivent pas et que les écarts sont aussi importants que vous nous le dites, nous avons une vraie responsabilité pour agir. Peut-être que ce sera un des sujets de la campagne des prochaines élections européennes, en tous cas je le souhaite.

Dernier point, je suis étonnée que personne n’ait parlé de la Hongrie où la situation de la liberté de la presse ne me paraît pas être au beau fixe non plus et je crains que ce soit un des pays de l’UE où ce ne soit qu’un joli mot sur le fronton des édifices publics."

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche