La lutte contre l'abandon scolaire doit passer par l'Etat

Tous les pays de l'UE sont confrontés au phénomène de l'abandon scolaire. Les politiques publiques sont loin d'être à la hauteur des enjeux et pire, elles aggravent souvent la situation en accélérant le démantèlement de casse du service public de l'éducation. Pour intervenir au niveau européen, il faut cependant tenir compte des différentes situations des Etats membres.

La Commission européenne a récemment publié une communication sur la lutte contre l'abandon scolaire faisant de propositions sur un grand nombre de mesures et d'instruments en vue d'inciter les États membres à élaborer des politiques efficaces pour agir en ce domaine. Ces propositions ont été soumises à la commission "Culture et éducation" du Parlement européen dans laquelle je suis coordonatrice du groupe GUE/NGL.

179 amendements ont été déposés par tous les groupes politiques et ont été soumis au vote lors de la réunion de la commission  "Culture et éducation" de ce mercredi 5 octobre 2011. La rapporteure, la socialiste anglaise Mary Honeyball, a fait un travail positif sur ce rapport en proposant d'intégrer  nombre des amendements proposés.

Je me félicite tout particulièrement de l'adoption de la majorité de mes amendements, déposés au nom de la GUE/NGL, portant notamment sur le rôle primordial des autorités publiques dans la lutte contre le décrochage scolaire. Pour moi, c'est essentiel au moment où les Etats et tout particulièrement la France se désinvestissent de l'éducation oubliant qu'ainsi c'est l'avenir que l'on sacrifie.

Il ne reste qu'à espérer que le Parlement européen suivra sa commission Culture et éducation, que l'avis du Parlement européen sera prise en compte et que les Etats voudront pied agir en ce domaine où l'Union européenne n'a qu'un rôle incitatif. Cela fait beaucoup de conditions et je n'y crois guère mais c'est aussi une occasion pour moi même et les parlementaires de mon groupe de réaffirmer un certain nombre de principes.

Je vous invite cependant à lire, ci-dessous, mes amendements adoptés après un vote très serré car souvent un seul vote faisait la différence.

- souligne que les bases du futur cursus scolaire d'un enfant sont posées dans les premières années de son enfance, et rappelle la demande, faite dans sa résolution sur l'apprentissage au cours de la petite enfance au sein de l'Union européenne, de mettre en place un cadre européen pour les services d'éducation et d'accueil des jeunes enfants et ce, dès le plus jeune âge en développant notamment des services publics et gratuits de crèches et de garderies;
 
- suggère la mise en place de programmes de tutorat dans les écoles afin de mettre les élèves en contact notamment avec des anciens élèves afin de permettre des échanges sur les différentes orientations et débouchés possibles;
 
- suggère la mise en place d'autres mesures de redistribution, telles que la gratuité des repas à l'école et des livres scolaires, de manière à diminuer l'incidence des inégalités sociales tout en luttant contre les dangers de stigmatisation de ces élèves;
 
- souligne que les acteurs qui peuvent lutter contre l'abandon scolaire sont multiples; ce sont non seulement les parents et l'ensemble des acteurs éducatifs mais également les autorités publiques, tant nationales que locales, et demande une coopération plus étroite entre tous ces acteurs, ainsi qu'avec les services de santé et les services sociaux locaux; relève qu'une approche "concertée" peut permettre d'aider les personnes concernées à surmonter les multiples obstacles en matière d'éducation et d'emploi; dans ce contexte, souligne l'importance des allocations d'études qui permettent aux enfants des milieux défavorisés d'avoir les mêmes droits que les autres;
 
- encourage les Etats à développer des actions visant à lutter contre les stéréotypes existants dans les milieux socio-culturels les plus défavorisés qui les font s'orienter précocement vers des formations professionnelles de courte durée en dépit des résultats scolaires de leurs enfants;
 
- fait observer qu'il y a lieu d'informer les étudiants de l'éventail des possibilités de carrière qui s'offrent à eux et suggère que les écoles nouent des partenariats avec les collectivités, organisations et associations locales, qui permettent aux élèves de rencontrer des professionnels de différents domaines;
 
- souligne qu'il importe que les élèves effectuent des parcours éducatifs variés, combinant formation générale et formation professionnelle, et insiste sur le fait que c'est la juste combinaison des deux, en fonction d'âge et d'orientation des élèves, qui donne aux élèves les plus grandes chances d'accéder à un emploi de qualité;

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