Lettre à la Haute Représentante F. Mogherini au sujet de la crise des Rohingyas en Birmanie

Lettre à la Haute Représentante F. Mogherini au sujet de la crise des Rohingyas en Birmanie
Lettre à la Haute Représentante F. Mogherini au sujet de la crise des Rohingyas en Birmanie

J'ai co-signé aux côtés d'autres députés européens la lettre adressée à Federica Mogherini, Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères, au sujet de la crise des Rohingyas en Birmanie. Cette lettre a été envoyée avant la réunion du Conseil des affaires étrangères qui aura lieu la semaine prochaine et où le Conseil devrait formuler ses conclusions notamment sur la Birmanie.

Retrouvez la version originale de cette lettre en cliquant sur le document PDF ci-dessous.

Chère Haute Représentante / Vice-Présidente Mogherini,

Nous vous écrivons avant la réunion du Conseil des affaires étrangères des 26 et 27 février, qui aura lieu exactement six mois après le début de la crise des Rohingyas au Myanmar.

Depuis le 25 août 2017, environ 700 000 réfugiés rohingyas ont traversé la frontière depuis le Myanmar pour se réfugier au Bangladesh. Les Nations Unies affirment que la situation des Rohingyas est la "crise des réfugiés qui connaît la croissance la plus rapide au monde" et qualifient l'offensive militaire du Myanmar d '"exemple type de nettoyage ethnique" portant "les marques d'un génocide".

Selon une étude récente d'Amnesty International, la campagne dévastatrice menée par les forces de sécurité du Myanmar contre la population rohingya est loin d'être terminée et des violations continues ont contraint des centaines d'autres personnes à fuir ces dernières semaines. Cela signifie que le retour convenu des réfugiés au Myanmar est prématuré.

Nous vous exhortons donc à prendre les mesures supplémentaires demandées par le Parlement européen dans sa résolution sur la situation du peuple Rohingya du 14 décembre 2017. En particulier, nous pensons qu'il est de la plus haute importance que les ministres des affaires étrangères de l'UE adoptent le suivre les mesures afin d'exercer une pression significative sur l'armée du Myanmar pour mettre fin à la violence:

- Condamner la violence en cours, les violations graves des droits de l'Homme et les pertes en vies humaines, en moyens de subsistance et abris dans les États de Rakhine, de Kachin et de Shan;

- Reconnaître explicitement que de très probables crimes contre l'humanité ont été commis par les forces de sécurité du Myanmar;

- Imposer des interdictions de voyager et des sanctions financières contre les auteurs d'actes criminels au Myanmar, y compris les commandants militaires et les officiers supérieurs, comme demandé dans les résolutions du Parlement de septembre et décembre 2017;

- suspendre les programmes d'assistance militaire, étendre la portée de l'embargo sur les armes actuellement imposé au Myanmar et soutenir la mise en place d'un embargo mondial sur les armes décrété par l'ONU;

- Insister sur un accès humanitaire immédiat, sans entrave et durable à toutes les personnes dans le besoin dans l'État de Rakhine et sur l'accès de la Mission d'établissement des faits de l'ONU à son mandat de mener des enquêtes sur les violations des droits humains;

- Faire pression sur le gouvernement du Myanmar pour qu'il saisisse la Cour pénale internationale de sa compétence en matière de crimes graves commis depuis le 25 août 2017 en tant que tribunal de dernier recours en vertu de l'art. 12 (3) (acceptation de la compétence (ad hoc) en vertu du Statut de Rome) et exhorter le gouvernement à ratifier le Statut de Rome; explorer toutes les possibilités de justice et de responsabilité;

- Insistez sur le fait que tout retour de réfugiés Rohingyas au Myanmar se fera de manière volontaire, digne, sûre et éclairée, avec un suivi complet du processus par le HCR et le HCDH et conforme au droit international;

- Soutenir la mise en œuvre intégrale du rapport de la Commission consultative de Rakhine;

- Accroître l'aide financière et matérielle pour soutenir des solutions durables pour les réfugiés, en veillant à ce que l'assistance soit conditionnée à la non-discrimination, à la non-ségrégation et à l'égalité;

- Poursuivre une stratégie à long terme de l'UE visant à soutenir l'autosuffisance et l'amélioration de la protection des Rohingya au Bangladesh, par ex. en mettant fin aux limitations de leur liberté de
mouvement, en améliorant l'accès aux opportunités de subsistance et aux marchés du travail, en assurant l'accès des enfants à l'éducation; et en prévoyant une documentation civile en vue de
statut de sécurisation;

- Demander que la liberté d’expression soit respectée, que les journalistes de Reuters soient immédiatement libérés et que le Myanmar soit invité à mettre sa législation sur la liberté d'expression en conformité avec le droit et les normes internationaux relatifs aux droits de l'Homme.

Nous espérons pouvoir compter sur votre soutien dans cette affaire cruciale.

 

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meps_letter_on_rohingya_to_hrvp_ahead_of_the_foreign_affairs_council_feb_2018.pdf51.7 Ko
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