Libéralisation des visas dans les Balkans : Le Kosovo ne doit pas faire figure d'exception

Voir la vidéo

Je suis intervenue le 27 mars 2019 en session plénière au sujet de la libéralisation des visas pour les ressortissants du Kosovo. Mon groupe est largement favorable à la libéralisation des visas et à la liberté de circulation et pour notre plus grand nombre, nous ne souhaitons pas faire d’exception pour le Kosovo.

Mon intervention est également accessible sur ma page YouTube.

Monsieur le Président, le Kosovo est un pays de moins de deux millions d’habitants. La guerre, qui a ensanglanté le pays, a fait plus de 13 000 morts. C’est le seul État des Balkans à ne pas avoir bénéficié d’une libéralisation des visas de court séjour, bien évidemment, puisque ce sont les seuls visas qui sont de la compétence de l’Union. Macédoine du Nord, Monténégro et Serbie l’ont depuis 2008, Albanie et Bosnie depuis 2010.

Comme l’a écrit notre rapporteure, le Kosovo est désormais isolé sur la carte de la libéralisation des visas dans les Balkans. On lui a demandé de remplir une liste de critères plus détaillée qu’aucun autre pays, ce qui a été fait. La Commission a abouti à une proposition législative en 2016. Nous sommes habitués à aller très vite en la matière, à ratifier des accords de libéralisation, y compris déjà en vigueur, notamment pour de charmantes îles océaniennes, telles que les îles Tonga, Tuvalu, Nauru, Kiribati, Vanuatu et quelques autres, pour lesquelles il y a effectivement peu de chance de voir arriver des ressortissants sur nos territoires, mais ils sont élaborés pour quelques touristes européens privilégiés.

Le syndrome des arrivées massives post-libéralisation est toujours démenti par les faits, notamment dans les Balkans, sans parler du rôle à venir de ES et de ETIAS.

Même si tout n’est pas parfait, le Kosovo a accompli beaucoup d’efforts, bien au-delà de ce qu’on a demandé à ses voisins. On met souvent en avant les questions de la corruption et du système judiciaire, mais ses voisins ne font pas mieux. Le Parlement européen a fait son travail, la proposition de la Commission européenne a été adoptée en septembre 2016 et le mandat de négociation donné par notre commission LIBE a été confirmé en plénière, en 2018. Mais le Conseil, lui, n’a toujours pas adopté de mandat de négociation. Le vrai sujet, cela a déjà été dit, c’est que cinq États membres n’ont toujours pas reconnu le Kosovo.

Notre groupe est largement favorable à la libéralisation des visas et à la liberté de circulation et pour notre plus grand nombre, nous ne souhaitons pas faire d’exception pour le Kosovo. C’est pourquoi je soutiens la proposition de la rapporteure, que je remercie notamment pour sa ténacité.

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche