Libye : Evacuez les 8.000 migrants actuellement piégés à Tripoli !

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Je suis intervenue le 11 septembre 2018 en session plénière au sujet des migrants piégés à Tripoli en Libye dans des centres de détention aux mains des milices.

Nous demandons l'évacuation de ces migrants, l'ouverture de couloirs humanitaires et l'arrêt du soutien aux garde-côtes libyens.

Marie-Christine Vergiat, au nom du groupe GUE/NGL. – Monsieur le Président, les débats sur la Libye sont toujours un peu surréalistes.

On fait comme si la Libye était un État normal. Or, il n’y a pas d’État en Libye. Les événements récents à Tripoli viennent encore de nous le montrer. Les milices à la solde de telle ou telle faction gouvernementale se battent entre elles pour prendre le contrôle de la capitale. On peut même se demander s’il y a encore un gouvernement et, plus que jamais, ce qu’il contrôle. Tous les Libyens payent le prix fort de cette absence d’État, mais les migrants subsahariens en sont particulièrement victimes. Ils seraient environ 8 000 à Tripoli, abandonnés de tous, affamés, objets des pires sévices et des trafics les plus monstrueux, enfermés, trimballés d’un centre de rétention à l’autre au gré des combats. On se demande où va l’aide humanitaire. La route du Niger, Madame la Commissaire, leur est coupée. Les États européens n’ont pas rempli leurs engagements en matière de réinstallation. Le Niger ne veut plus aucun réfugié tant que les États européens n’auront pas rempli leurs engagements. C’est pourquoi nous sommes un certain nombre de députés de plusieurs groupes politiques à demander l’évacuation de ces migrants de Tripoli, l’ouverture de couloirs humanitaires et l’arrêt du soutien aux fameux garde-côtes libyens. Ces derniers ramènent les migrants sur les côtes, où ils sont – paraît-il – enregistrés, mais nul ne sait ce qu’ils deviennent après.

Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ces horreurs, ne pas entendre les témoignages des survivants. Il ne peut pas y avoir d’élections miraculeuses dans un tel contexte. C’est un profond mépris pour le peuple libyen et Madame la Commissaire, vous savez bien que si le nombre de traversées diminue, ce n’est pas le cas du nombre de morts. Il y a un mort pour 18 traversées aujourd’hui, alors qu’il y en avait un pour 42 l’année dernière, c’est-à-dire même pas au plus fort des traversées. Il faut sauver des vies humaines, c’est votre responsabilité et vous savez très bien que vous ne pouvez rien attendre des États membres en la matière.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche