Marie-Christine VERGIAT : pourquoi sanctionne-t-on la Tunisie ? - L'économiste maghrébin

Marie-Christine VERGIAT : pourquoi sanctionne-t-on la Tunisie ? - L'économiste maghrébin

Suite à la conférence de presse organisée le 27 février à la fondation Rosa Luxemburg Stiftung – North Africa, retrouvez cet article qui fait état de mon intervention au sujet de l'inscription de la Tunisie sur la liste des pays à risque pour le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, des relations UE-Tunisie et de l'ALECA.

Retrouvez l'article ci-dessous qui résume bien mon intervention : https://www.leconomistemaghrebin.com/2018/02/27/marie-christine-vergiat/

"La fondation Rosa Luxemburg Stiftung – North Africa a reçu l’euro-députée Marie-Christine VERGIAT, aujourd’hui, 27 février, pour une conférence de presse qui porte sur le blacklisting de la Tunisie, les relations tuniso-européennes et l’Aleca. 

L’euro-députée a rappelé que la Tunisie, après avoir été incluse dans la liste des paradis fiscaux, se trouve sur une nouvelle liste noire de la Commision européenne, relative aux pays tiers susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

Je suis membre de la Délégation Maghreb et il se trouve que lorsque le Conseil a pris cette décision,  j’étais en réunion avec des députés de l’ARP. Nous avons vu la réaction incrédule des députés tunisiens et nous l’avons comprise”, dit-elle.

En ce qui concerne la liste des pays exposés au blanchiment des capitaux, la députée soutient que la Tunisie ne devrait  en aucun cas faire partie de cette liste du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme  dans laquelle figurent des pays comme la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, le Yémen et d’autres pays. ” La Tunisie n’a rien à faire dans cette galère”, déclare-t-elle.

La décision a été prise sur la base d’une  première évaluation qui date de novembre 2016 sur la base des critères du GAFI or il existe des pays qui n’ont pas été évalués depuis des années.

Pour Marie-Christine VERGIAT, le dernier rapport montre que la Tunisie s’est améliorée malgré des défaillances. “Je ne comprends pas pourquoi on sanctionne la Tunisie à un moment où elle fait  preuve de bonne volonté. Je suis sûre que si on fait l’évaluation des pays qui figurent sur cette liste, ils ne répondront pas aux critères du GAFI”, affirme-t-elle.  Et de considérer que la Libye doit figurer sur cette liste.

La motion de rejet de la décision de la Commission européenne soumise au Parlement, mise au vote, n’a pas recueilli la majorité suffisante pour pouvoir la bloquer malgré la présence de 357 députés européens qui ont voté en faveur du rejet. Au Parlement européen le règlement interne impose une majorité absolue des membres et il nous a manqué 19 voix pour obtenir les résultats escomptés”, regrette-t-elle.

S’agissant de l’ALECA, Marie-Christine VERGIAT a affirmé que depuis des années, l’Union européenne cherche à discuter des accords de libre-change avec ses partenaires et ce projet était déjà sur les rails avant la révolution. “Maintenant l’accord traîne pour des raisons relatives aux deux rives de la Méditerranée et surtout parce que l’Ue considère que la Tunisie ne va pas assez vite dans ses réformes structurelles”, dit-elle.

S’il y a des pays qui financent le terrorisme, ce sont notamment les pays du Golfe et ils ne figurent pas sur la liste, c’est-à-dire qu’il existe des pays intouchables”, analyse-t-elle. Et de continuer : “J’appartiens à un pays européen qui va devenir le deuxième marchand d’armes du monde devant la Russie après les États-Unis". Pour  Marie-Christine VERGIAT, il faut fournir encore de l’aide à  la Tunisie. A ce propos, elle considère “qu’on a tort de ne pas l’aider suffisamment”. Au lieu d’imposer des réformes structurelles à la Tunisie, il faudrait accorder davantage d’attention à ses  problèmes sociaux”, étaye-t-elle son propos.  

La question sociale en Tunisie est un chaudron qui risque d’exploser à tout moment. On a tendance à oublier que la révolution tunisienne est née sous la pression sociale et non pas sur la question des libertés et des droits de l’homme,” conclut-t-elle."

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche