Mon intervention sur les expulsions forcées au Zimbabwe

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Lors de chaque session plénière du Parlement européen le jeudi après-midi est réservé aux discussions sur les droits de l'Homme. Le 21 octobre 2010 le Parlement européen a débattu sur les expulsions forcées au Zimbabwe. Voici mon intervention lors de ce débat.

Monsieur le Président, j’aurais tendance à considérer que la situation des droits de l’homme au Zimbabwe n’est malheureusement pas une urgence au sens où nous l’entendons habituellement dans cet hémicycle.

Leur violation dans ce pays est effectivement récurrente comme en témoignent les nombreuses résolutions votées dans ce Parlement. Dans la dernière en date, cela a été dit, nous avons dénoncé l’arrestation, le 22 juillet, de M. Farai Maguwu, fondateur et directeur du Centre de recherche et de développement, coupable d’avoir dénoncé les atrocités opérées, y compris par les autorités militaires, dans les champs diamantifères.

Aujourd’hui, nous abordons la question des expulsions forcées. Cette question n’est pas nouvelle. En effet, Mme De Keyser l’a dit, une opération de ce type a été lancée par les autorités zimbabwéennes en 2005, dénommée «Murambatsvina», ce qui veut dire restaurer l’ordre. Tout un programme, n’est-ce pas? Ce qui montre bien quelle conception les autorités zimbabwéennes ont de l’ordre. 700 000 personnes avaient été alors concernées.

La communauté internationale, unanime, avait dénoncé les méthodes utilisées. Où en est-on aujourd’hui? La plupart des personnes concernées vivent toujours sous des tentes. Pire, en août dernier, des policiers armés, je dis bien des policiers, sont venus incendier les abris de quelque 250 déplacés, installés dans la périphérie d’Harare. 20 000 personnes, cela a été dit aussi, sont aujourd’hui menacées de subir le même sort au motif qu’elles n’ont pas payé leur taxe de résidence, qu’elles sont bien incapables de payer.

Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont, en effet, parmi les plus pauvres du pays. Allons-nous laisser faire sans rien dire? Allons-nous une fois encore rappeler les autorités zimbabwéennes à leurs engagements internationaux, comme l’a fait Mme Ashton, en juillet dernier, lors du récent sommet UE-Zimbabwe?

Nous savons bien que le torchon brûle entre le président Mugabe et le Premier ministre issu de l’accord politique global signé le 15 septembre 2008 et du gouvernement d’union nationale nommé le 13 février dernier.

Récemment, le président Mugabe a menacé de destituer à brève échéance le gouvernement parce qu’il avait osé le rappeler à ses obligations constitutionnelles.

Il est temps de réagir au Zimbabwe comme dans beaucoup d’autres pays à travers le monde pour cesser de dialoguer avec des dictateurs qui gardent le pouvoir par la force et la fraude, uniquement pour piller les richesses de leur pays à des fins personnelles.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche