Officiers de liaison "immigration" : Nous devons regarder les arrivées mais aussi les départs de l'UE

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Je suis intervenue en commission LIBE le 5 novembre 2018 au sujet de la création d'un réseau européen d'officiers de liaison "immigration". J'aimerais que nous ayons une vision globale des questions migratoires et qu'on ne se concentre pas uniquement sur les migrations du Sud alors qu'on sait que pour la 3ème année consécutive, ce sont les Ukrainiens qui sont les premiers à bénéficier des titres de séjour dans l'UE. Il faut que dans le cadre de nos réflexions sur les officiers de liaison "migrations", nous regardions les arrivées mais aussi les départs et y compris les mouvements migratoires des Européens entre les États membres de l'UE.

Mon intervention est également accessible sur ma chaîne Youtube.

"Il s’agit d’avancer pour avoir une approche holistique de la question migratoire. Je pense que c’est une bonne occasion, tout l’intérêt de ces années 2015-2016 c’est de ramener un peu de raison sur la question des politiques migratoires. Je ne veux pas qu’une fois qu’on a dit ça, qu’on revienne uniquement sur les pays qui posent problème et qui viennent du sud de la Méditerranée.

Nous venons de recevoir la semaine dernière, les chiffres officiels des titres de séjour délivrés par les Etats membres sur des permis de longue durée.

Pour la 3ème année consécutive, ce sont les Ukrainiens qui sont les premiers à bénéficier des titres de séjour. A raison de 662.000 l’an dernier, bénéficiaires de titres de séjour. N’est-ce pas le flux migratoire le plus important que nous avons noté par rapport à ces sujets. Aucune autre nationalité n’a fait l’objet d’un tel mouvement migratoire je préfère le terme « mouvement » au terme « flux ». Je veux proposer des amendements qui tiennent compte de cet équilibre et qu’on ne soit pas en permanence obsédé, même s’il faut y accorder une grande importance, à ces migrations qui viennent du Sud et qui sont dites « irrégulières ».

Si ces migrations sont irrégulières c’est parce qu’il y a absence de voies de migration régulières vers l’UE.

Il y a un parallèle intéressant à faire entre ces pays qui ne bénéficient pas de voies régulières et d’autres pays qui en bénéficient dans l’indifférence générale. Je n’ai rien contre les Ukrainiens et je me félicite qu’ils puissent venir travailler en Pologne, parce que 87% de ces titres de séjour sont des titres de travail, donc ceux sont des migrants économiques, et que 85% de ces Ukrainiens viennent travailler en Pologne. J’aimerais que cette question fasse aussi l’objet de réflexion et que dans le cadre de nos réflexions avec les officiers de liaison, nous ayons effectivement une vision globale des questions migratoires.

Cela signifie qu’il faut qu’on regarde les arrivées mais aussi les départs.

Si on regarde les 1.5 millions Ukrainiens qui sont arrivés en Pologne avec un titre de séjour, je suis persuadée qu’il y a des gens qui partent puisqu’il y a environ 1 million d’Ukrainiens qui vivent en Pologne. Nous ne regardons jamais les mouvements de départs, pas plus que nous ne regardons les mouvements d’Européens qui migrent vers d’autres pays de l’UE.

Si nous voulons avoir une vision logistique de ces questions-là, il faut avoir une vision globale et je pense que les officiers de liaison peuvent être utiles en la matière.

Par ailleurs, concernant les « projets de déplacement futurs » qui ont été ajoutés dans les amendements de ma collègue Cécile Kyenge, je ne comprends pas bien ce que cela intègre.

Je voudrais qu’on réfléchisse en matière de protection des données, et je déposerai des amendements en la matière, les droits fondamentaux soient respectés et que les données soient anonymisées le plus souvent possible parce que la plupart du temps, nous n’avons pas besoin de garder des données nominatives pour avoir une bonne compréhension des flux migratoires.

Dans le cadre du renforcement du dialogue avec les pays tiers, je pense que nous devrions insister sur le fait que des pays tiers respectent les droits de l’Homme et d’autres pas, et que cette question de la coopération et du dialogue renforcés doivent tenir compte de ce paramètre. Il y a des pays avec lesquels nous renforçons la coopération et le dialogue en matière de migration, pour comprendre les causes profondes de la migration et qu’en la matière nous avons quelques problèmes de réflexion, et qui devraient tenir compte de la réalité des flux en provenance de ces pays.

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