Pacte mondial pour les migrations : « Rendre les migrations bénéfiques à tous »

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Je me suis exprimée le 25 avril 2018 en Commission "Libertés civiles" sur le Pacte mondial pour les migrations en présence de l'UNICEF et du HCR.

L'occasion pour moi de rappeler que lorsqu'on dit « migrant » on ne doit pas oublier que la majorité des migrants se déplacent de manière régulière et que 60 millions des migrants sont Européens.

Nous devons également replacer la question des migrations forcées, des migrations de ceux qui sont mis en situation irrégulière. Les migrations sont une chance et une richesse pour chacun, à condition qu’il y ait effectivement des voies légales et sûres de migration notamment pour les plus vulnérables.

"J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le rapport du Secrétaire général de l’ONU et j’ai particulièrement aimé son titre qui était « rendre les migrations bénéfiques à tous » et je crois effectivement que l’UE pourrait être le fer de lance du processus à condition de savoir utiliser les bonnes pratiques et de ne pas être ethno centré sur des chiffres qui ne correspondent pas aux réalités mondiales.

Je me félicite que de ce point de vue la résolution du Parlement européen place un certain nombre d’éléments dans ce sens. Nous oublions que nous sommes le deuxième continent dont sont originaires les migrants et comparé à la population du continent, je pense que nous sommes même le premier. Parce que 80 millions de migrants d’origine asiatique compte tenu de la population de l’Asie et 60 millions de migrants européens compte tenu de la population européenne, je crois qu’il est tant qu’on replace les choses dans leur contexte. C’est important d’insister en permanence sur ce point notamment quand on est dans un discours mondial.

Le deuxième élément qui m’a frappé ce sont les mots. Quand on dit « migrant » on ne doit pas oublié que la majorité des migrants se déplacent de manière régulière. Or on associe de plus en plus le mot « migrant » à des situations irrégulières, je crois qu’il faut faire très attention à ça. D’une certaine façon nous sommes influencés par le discours ambiant si nous ne replaçons pas la question des migrations forcées, des migrations de ceux qui sont mis en situation irrégulière, dans le contexte global de migrations qui sont une chance et richesse pour chacun, à condition qu’il y ait effectivement des voies légales et sûres de migration notamment pour les plus vulnérables.

Je me félicite également que le Parlement européen ait souligné qu’un quart des travailleurs forcés étaient des migrants en situation de vulnérabilité. J’ai été attentive à ce qui a été dit sur la situation des enfants migrants et je ne peux m’empêcher de réagir en tant que Française et de regretter que le projet de loi qui vient d’être adopté à l’Assemblée nationale confirme la possibilité en France de mettre des enfants en rétention et de le faire si j’ai bien entendu « dans l’intérêt supérieur de l’enfant » pour ne pas être séparé de leurs mères. J’aimerais qu’au-delà de ce qui a été dit vous nous disiez votre interprétation de « l’intérêt supérieur de l’enfant » parce qu’il y a là quelque chose qui me chagrine. Je pense qu’on dépasse la ligne rouge quand on met la question de « l’intérêt supérieur de l’enfant » pour mieux justifier des politiques répressives."

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche