Partenariat pour la mobilité UE-Tunisie : pile je gagne, face tu perds

04/03/2014 - Communiqué de presse - La Tunisie et l’Union européenne ont formellement signé hier un partenariat de mobilité, le septième du genre et le deuxième sur le pourtour méditerranéen après le Maroc en juin 2013. Les deux parties devraient s’engager dans une «  gestion commune et responsable des flux migratoires existants » selon la formule de la Commissaire Cecilia Wikström. Qu'entend-elle par là ?

Côté promesses, cet accord serait un prélude à des négociations sur une levée des visas pour les citoyens tunisiens désireux de voyager de l’UE, mais pour de courts séjours seulement (moins de trois mois) - les migrants auront donc toujours autant de mal à obtenir un visa de séjour plus long.
Autre promesse : une "meilleure information" pour les citoyens tunisiens qualifiés sur les offres d'emploi, d'études et de formation disponibles dans l’UE, doublée d’une plus grande facilitation de la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles et universitaires. C'est toujours l'obsession de l'UE à piller les cerveaux du Sud, la même vision utilitariste.

Côté contraintes, obligation est faite à la Tunisie d'endiguer les "flux" de migrants vers l'UE qu'ils concernent des Tunisiens mais aussi et surtout des ressortissants de pays plus au sud en négociant un accord de réadmission. Comme d'habitude, l'Union européenne externalise ses contrôles migratoires et conforte le rôle de gendarme de l'Union aux pays voisins.

C'est donc le même type d'accords que sous Ben Ali qui est privilégié, bien loin d'un partenariat authentique où les besoins du peuple tunisien et de la démocratie naissante dans ce pays soient pris en compte.

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche