Position de la Commission européenne sur la Tunisie : que veut dire une "utilisation retenue de l'usage de la force"?

Communiqué de presse de Marie-Christine Vergiat - Coordinatrice de la sous-commission droits de l'Homme et membre de la délégation Maghreb : Il aura fallu prés de quatre semaines pour que l'Union européenne s'exprime sur les violences en Tunisie et que Catherine Ashton et Stéphane Füle sortent de leur silence. Les évènements de ce week-end semblent avoir quand même décidé les responsables de la Commission à s'exprimer mais l'on se demande s'il n'aurait pas mieux valu qu'ils restent muets tant le texte de leur déclaration est atterrant.

Combien faudra-t-il de morts pour que la Commission européenne condamne l'attitude des autorités tunisiennes et notamment l'utilisation de tirs à balle réelle par les forces de l'ordre contre des manifestants pacifiques. Cela a pourtant été fait pour d'autres pays.

Comment une instance qui se prévaut en permanence des droits de l'Homme peut-elle "appeler à la retenue dans l'usage de la force"?

 

Les témoignages qui ne cessent de remonter de Tunisie sont pourtant accablants. Ils se multiplient malgré les verrouillages de l'accès à Internet et aux sources d'information, malgré les multiples arrestations et les pressions sur les blogeurs, les syndicalistes, les journalistes, les avocats ou encore les responsables des mouvements étudiants.
Comme si de rien n'était, on nous ressort le discours habituel sur le renforcement des relations bilatérales et l'on "attend du renforcement de ces relations une augmentation des engagements des deux partenaires".

En entendant l'intervention du président Ben Ali qui traite les manifestants de voyous et de terroristes à la solde de l'étranger, on voit bien quelle confiance on peut lui faire. Nous ne pouvons malheureusement avoir aucune illusion sur l'évolution de ce régime qui, loin de répondre aux attentes de l'Union européenne, devient de plus en plus policier et s'enfonce dans la répression accrue de tous ses opposants.
Intervenant en sous-commission des droits de l'Homme ce lundi 10 janvier, j'ai exprimé la stupéfaction du groupe de la GUE/NGL et annoncé que nous demanderons que le débat sur la situation en Tunisie, que nous réclamons depuis plusieurs mois, ait enfin lieu la semaine prochaine à Strasbourg en séance plénière du Parlement européen. Nous y exigerons l'arrêt immédiat des discussions avec la Tunisie sur le statut avancé tant que les libertés les plus fondamentales que sont la liberté d'expression et le droit de manifester ne seront pas respectées dans ce pays.
Il n'est plus temps de négocier mais de faire réellement pression sur le gouvernement tunisien pour que cesse son impunité.

 

Assez de discours, passons aux actes.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche