Réforme du Code des visas : un symbole de la dérive des politiques migratoires

Voir la vidéo

Je suis intervenue le 17 avril 2019 en session plénière sur la réforme du Code des visas. C'est pour un symbole de la dérive des politiques migratoires, et l'occasion, pour cette dernière intervention, de le dénoncer encore une fois.

 "Monsieur le Président, les mouvements de population n’ont jamais été aussi importants dans le monde. Un milliard de personnes, surtout du Nord, se déplacent, voyagent d’un pays à l’autre chaque année. Sachez, M. Deprez, que ce sont 500 millions de personnes qui entrent chaque année dans l’Union européenne.

On compte 250 millions de migrants dans le monde, c’est-à-dire de personnes qui s’installent pour plus d’un an sur un territoire autre que le leur pour des motifs divers et variés. Parmi celles-ci, 60 millions sont nées en Europe. Ce code, malgré tous les efforts de notre rapporteur, manque d’équilibre entre facilitation des déplacements, notamment touristiques, renforcement des garanties de procédure, migration régulière et migration dite «irrégulière».

Les politiques européennes, malgré les réalités, malgré les morts, se tournent de plus en plus vers le contrôle des frontières, la lutte contre les migrations dites «irrégulières» et le retour de ceux qui n’ont pas la chance d’accéder à des voies de séjour régulier parce qu’ils ne sont pas nés au bon endroit. Ces migrations régulières sont pourtant 20 fois plus importantes que celles dite «irrégulières», environ 2,5 millions chaque année. Tant mieux!

En réalité, c’est surtout aux réfugiés à qui on ferme les portes, c’est pourquoi un de mes principaux regrets au cours des deux mandats que je viens d’effectuer est le refus du Conseil, des États membres, de créer des visas humanitaires, car 90 % de ceux à qui l’Union européenne a accordé la protection internationale au cours des trois dernières années sont arrivés de façon irrégulière. On pourrait faire autrement.

Monsieur le Président, 30 secondes, si vous le permettez, parce que moi aussi, c’est ma dernière intervention. Je voudrais remercier tous ceux qui m’ont aidée au cours de ces deux mandats: mes collègues, j’en vois de nombreux avec qui j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler, quels que soient les groupes politiques, et je m’en félicite; le personnel des groupes, mes collaborateurs, mais aussi tous les fonctionnaires de l’Assemblée, quels qu’ils soient, visibles ou invisibles, nos interprètes, mais aussi tous ceux qui nous permettent de travailler dans de très bonnes conditions, qu’on ne voit pas et qui pourtant sont là. Un grand merci à tous et à toutes, je continuerai de suivre avec intérêt et attention le travail du Parlement européen, parce que ce n’est pas un lieu inutile, comme veulent nous le faire croire beaucoup de nos concitoyens, à cause de certains discours. Pour moi, c’est un lieu où j’ai beaucoup appris."

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche