Schengen : Pas de contrôle aux frontières intérieures si c'est pour faire du push back vers l’Italie

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Je me suis exprimée en Commission "Libertés civiles" le 25 avril 2018 au sujet de la réintroduction temporaire du contrôle aux frontières intérieures.

J'ai souhaité en particulier dénoncer ce qu'il se passe actuellement en France où un groupe de militants d’extrême droite identitaire s’est installé à la frontière entre la France et l’Italie sous le regard impassible de quelques policiers français, tandis qu'il y a quelques semaines, à cette même frontière, au même endroit, les autorités françaises ont refoulé une jeune femme en situation irrégulière et enceinte, qui est décédée un mois plus tard dans un hôpital italien.

Pour moi, c'est là un exemple symbolique de ce que ne doit pas être l’espace Schengen.

"Merci à Madame Fajon pour les rappels qu’elle fait dans son rapport, parce qu’on a un peu l’impression quand on écoute certaines déclarations de ceux qui nous gouvernent que Schengen c’est juste un instrument pour lutter contre les migrations dites « irrégulières ». Schengen est un des principaux acquis européens, c’est un des principaux acquis de la liberté de circulation à l’intérieur de cet espace.

Je vais raconter une anecdote de ce weekend en France. Un groupe de militants d’extrême droite identitaire s’est installé à la frontière entre la France et l’Italie pour mettre en place une frontière symbolique. Ce sont donc les militants d’extrême droite qui « garde » désormais la frontière entre la France et l’Italie sous le regard impassible de quelques policiers français et ce sont des militants italiens qui ont délogé ces militants d’extrême droite. Il y a quelques semaines, à cette même frontière, au même endroit, les autorités françaises ont refoulé une jeune femme en situation irrégulière et enceinte, qui est décédée un mois plus tard dans un hôpital italien. Cet exemple-là me paraît symbolique de ce que ne doit pas être l’espace Schengen.

Emmanuel Macron est venu devant la dernière plénière du Parlement européen pour réclamer la solidarité intra et extra européenne. Que fait la France en la matière ? La France n’invoque non pas l’article 29 comme le font la plupart des États membres de l’UE mais l’article 27, parce que mon pays est l’une des principales cibles du terrorisme en ce moment. Je considère que oui la sécurité des citoyens européens est une priorité, mais qu’on ne demande pas le contrôle aux frontières pour lutter contre le terrorisme pour faire du contrôle au faciès et du push back vers l’Italie. Là on est en plein délire et on nuit à l’image de l’Union européenne, des institutions européennes et des principes fondamentaux de l’Union européenne.

Je remercie Madame Fajon de vouloir encadrer et limiter dans le temps la réintroduction du contrôle aux frontières et je trouve que la proposition de la Commission est très insuffisante en la matière. Notamment parce qu’elle ne permet pas un véritable contrôle des motivations et qu’on reste très dépendant de la bonne volonté des États membres. Cela ne me paraît pas sain pour que les pratiques et le droit soient en phase. Si on n’avance pas dans l’évolution de ce texte, on va légitimer les plus mauvaises pratiques qu’on eut les États membres ces derniers mois en la matière et aller dans le sens de ceux qui veulent détruire l’espace Schengen.

Je m’associe également sur la demande faite par Madame Fajon sur la nécessité d’une analyse d’impact parce qu’effectivement cela devient un peu trop régulier que nous ayons des textes législatifs d’importance qui nous soient soumis sans que nous n’ayons pas d’analyse d’impact. Cela ne me paraît pas être une bonne méthode de gouvernance."

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche