Situation en Erythrée : le Conseil doit entendre les préoccupations du Parlement - communiqué de presse

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Strasbourg, le 10/03/2016 :  Aujourd'hui, le Parlement européen a adopté, pour la première fois depuis 2004 et à une très large majorité, une résolution sur la situation en Erythrée. Je m'en félicite.

Cette résolution dénonce la situation catastrophique des droits de l'Homme dans ce pays qui est l'une des pires dictatures du monde, souvent appelé la Corée du Nord de l'Afrique, une prison à ciel ouvert qui contraint sa jeunesse à un service militaire s'apparentant à de l'esclavage à durée indéterminée et provoque leur exil.

Plus de 300 000 Érythréens ont d'ores et déjà fui leur pays, soit 5 % de la population. C'est la quatrième nationalité des réfugiés qui arrivent en Europe pour un pays de 6,5 millions d'habitants.

Pourtant, obsédés par ce qu'ils appellent "la crise des migrants", le Conseil européen, donc les Etats-membres de l'UE, sous l'impulsion de l'Italie, ont décidé d'allouer 200 millions d'euros au régime érythréen soi-disant pour aider à son développement.

La résolution adoptée ce jour exprime le consensus de l'ensemble des groupes politiques pour critiquer cette décision qui ne fera que renforcer la dictature.
Elle dénonce notamment la situation des prisonniers politiques (plus de 10 000 selon les ONG), l'absence de toute liberté d'expression, la répression tous azimuts y compris sur la diaspora érythréenne rackettée par les sbires du pouvoir même via les ambassades.

La Commission était absente de ce débat et le Conseil, représenté par madame Hennis-Plasschaert, pourtant ancienne parlementaire européenne, n'a pas jugé bon de répondre aux questions des parlementaires européen(ne)s portant notamment sur les garanties mises en œuvre pour que l'aide européenne bénéficie effectivement à la population érythréenne.

Toutes celles et ceux qui travaillent sur l'Érythrée savent d'ailleurs que c'est impossible dans un pays où il n'existe pas le plus petit commencement de système de finances publiques et où les ONG indépendantes pouvant porter les "petits projets", comme nous l'a dit la ministre néerlandaise, sont inexistantes.

J'ajoute que l'intégration d'un tel pays dans le processus de Khartoum qui prétend lutter contre les causes profondes des migrations dépasse les limites de l'entendement. On va jusqu'à prétendre former les gardes-frontières érythréens qui tirent à vue sur celles et ceux qui tentent de fuir le pays et sont largement impliqués dans les trafics d'êtres humains de cette région.

Au-delà d'un certain aveuglement, c'est pour le moins de cynisme dont font preuve les dirigeants européens. La seule concession soi-disant obtenue était une réforme du service militaire. Or la semaine dernière, le ministre érythréen de la défense a déclaré que l'aide européenne n'aurait aucun impact sur ledit service. Dont acte. L'Union européenne agit donc en connaissance de cause.

Loin d'aider l'Érythrée et sa population, l' Union européenne ferme la porte à celles et ceux qui fuient la dictature et alimente la paranoïa du régime.

C'est la recette parfaite pour alimenter de prochaines crises.

(Lien vers la résolution :http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&language=FR&reference=P8-TA-2016-0090)

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Situation in Eritrea: the Council must hear the Parliament’s concerns
 

For the first time, since 2004, the European Parliament has adopted today a resolution on the Eritrea’s situation with a large majority. I am glad about that.

This resolution denounces the disastrous situation of human rights in this country which is one of the worst dictatorships in the world. It is often called the North Korea of Africa that looks like an open-air prison which forces its youth to make a military service similar to slavery without a limited time and causes their exile.

More than 300 000 Eritrean have already fled their country, they represented around 5% of its population. This is the fourth nationality of refugees who come in Europe for a country of 6, 5 million people.

Obsessed by that they called the “migrant crisis”, the European Council and the Member States of the EU, under the pressure of Italy, decided to allocate 200 million euros to the Eritrean regime to supposedly “help” Eritrea’s development.

The resolution expresses the consensus of the whole political groups to criticize this decision which would only strengthen the dictatorships. It denounces especially the situation of political prisoners (more than 10 000 according to the NGOs), the lack of freedom of speech, the repression included on the Eritrean diaspora racketed by the henchman of the power even via the embassies.

The Commission was absent from this debate, the Council was represented by Mrs Hennis-Plasschaert, a former MEP, who did not even respond to MEPs questions about the guarantees implemented in order that the European aid goes to the Eritrean people.

Those who are used to work on Eritrea know that there is not the smallest beginning of public finances system. The independent NGOs who could support small project do not exist neither as the Dutch Minister said.

I would therefore add that the integration in such a country in the Khartoum’s process, which actually pretends to fight the root causes of migrations, is not understandable.
They go so far that they will train the Eritrean safeguards that shoot those who attempt to flee the country on sight. They are largely involved in human traffic of this region as well.

Beyond certain blindness, the European leaders acted with a sort of cynicism. The only “concession” supposed to be obtained was the military service’s reform. However, last week, the Eritrean Minister of Defence stated that the Europe Aid would not have any impact of the military service. Duly noted. The European Union acts with clear knowledge of the situation.

Far from helping Eritrea and its people, the EU closes the doors to those who flee the dictatorships and feeds the regime’s paranoia.

This is the perfect recipe to contribute to the next crises.

Resolution in English: http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P8-T...

 

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche