Soudan : Solidarité totale avec les manifestants !

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Je suis intervenue en session plénière le 17 janvier 2019 pour dénoncer la situation actuelle au Soudan, où les manifestations contre la hausse du prix du pain sont réprimées, et pour condamner l’arrestation de Salih Mahmoud Osman, lauréat du Prix Sakharov 2007. A l'heure actuelle, nous ne savons toujours pas où il est détenu.

Mon intervention est accessible sur ma chaîne Youtube.

Monsieur le Président, nous avons déjà adopté nombre de résolutions sur le Soudan. La dernière en date, en mars 2018, concernait l’arrestation de Salih Mahmoud Osman, notre prix Sakharov 2007, de nouveau arrêté, visiblement par le NISS, le triste service de sécurité soudanais. Ses proches craignent pour sa santé, notamment parce qu’il est diabétique. Un parmi tant d’autres, malheureusement, une fois encore. Les organisations de défense des droits de l’homme parlent d’au moins 2 000 personnes arrêtées depuis le 19 décembre dernier, de dizaines de morts, sans parler des tortures.

Depuis septembre 2013, des manifestations ont lieu de façon récurrente, principalement à Khartoum. Jusqu’à présent, elles reposaient sur la crise économique, à la suite de la perte des ressources pétrolières après la partition du Soudan, avec une inflation record – on parle effectivement d’un taux de plus de 120 %, le deuxième du monde – et, en conséquence, une augmentation constante des prix des produits de première nécessité dans un pays en situation de pénurie. Sans parler d’un budget consacré à 70 % aux dépenses militaires, au détriment du reste, notamment la santé et l’éducation.

En décembre, après le triplement du prix du pain, les premières manifestations ont commencé hors de la capitale et ont gagné l’ensemble du pays comme une traînée de poudre, y compris au Darfour où règnent pourtant toujours en maître les ex-janjawid et la répression qui va avec. Très vite, les mots d’ordre ont pris une tournure politique. «Liberté, paix et justice» demandent les manifestants, ainsi que la fin du régime.

Omar el-Béchir n’en est pas à une provocation près et veut effectivement changer la constitution pour se représenter, alors qu’il est au pouvoir depuis 29 ans, sous le coup de plusieurs mandats de la Cour pénale internationale. La répression frappe tous azimuts: défenseurs des droits de l’homme, universitaires, étudiants, journalistes, responsables de l’opposition, et notamment ceux du Parti populaire du congrès et du Parti communiste soudanais, qui a osé prêter ses locaux pour une réunion de toutes les parties prenantes des manifestations.

L’Association des professionnels soudanais vient d’appeler à une semaine de soulèvements, dont le point d’orgue doit avoir lieu aujourd’hui, à Khartoum et dans les grandes villes: une grande marche pour la paix et le changement.

Nous avons ici dénoncé à de nombreuses reprises les accords liant l’Union européenne et le Soudan via les politiques migratoires ou la lutte contre le terrorisme. Comment peut-on coopérer avec les autorités répressives de ce pays, y compris en leur demandant de venir ici identifier leurs ressortissants dans des centres de rétention, ou leur livrer des équipements qui pourront être utilisés contre la population soudanaise, y compris au Darfour. Tous les financements européens doivent être revus pour arrêter cette hypocrisie.

Enfin, je veux exprimer, au nom de la GUE/NGL, ma totale solidarité avec ceux qui vont manifester aujourd’hui dans les rues soudanaises au péril de leur vie.

 

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