Fête du Chateau à Nice

Fête du Chateau à Nice

J'ai eu le plaisir de participer au débat "pour une riposte de gauche aux tromperie d'un sommet européen" lors de la fête du Chateau à Nice avec Pierre Laurent, Natasa Theodorakopoulou (Syriza) et Mireia Rovira (Izquierda Unida ). Je vous invite à lire l'article du journal Le Patriote qui relate ce moment d'échanges.

C’est l’un des débats qui était attendus sur la Fête du château, celui qui allait réunir, à peine connues les décisions du sommet des chefs d’Etat européen de Bruxelles, des représentants des mouvements affiliés au Parti de la Gauche Européenne, autour de Pierre Laurent et de Marie Christine Vergiat : Natasa Theodorakopoulou
de Syriza (Grèce), Mireia Rovira de Izquierda Unida (Espagne), Sergio Liberi de Rifondazione communista (Italie).
Dans une convergence bien étrange, les principaux médias, les marchés et les dirigeants européens se congratulent des résultats du sommet. François Hollande allant jusqu’à affirmer « L’Europe a été réorientée comme il convenait ». Dans la foulée de cette autosatisfaction, il était annoncé, qu’il serait proposé au Parlement français d’approuver le « paquet global», bien suspect, qui comprend l’intégrale intacte du traité Merkozy de mars 2012, austéritaire
et coercitif de souveraineté.

Décryptage d’un sommet

Pierre Laurent l’a rappelé dès sa première intervention, à la veille du sommet il avait écrit au Président de la République, l’exhortant à ne pas ratifier ce Traité mais à le renégocier comme il s’y était engagé et à le soumettre à référendum comme l’ont espérés ses électeurs du 1er tour de la présidentielle .
Hélas les résultats du sommet ne peuvent illusionner que ceux qui le veulent bien.
C’est comme un malade à qui on administrerait un sédatif puissant sans soigner et guérir la maladie explique Natasa Theodorakopoulou de Syriza pour qui « le plan de la Troïka est là pour sauver les banques et non les pays ». Mireia Rovira annonce que le 9 juillet l’Espagne subira comme la Grèce le fameux mémorandum d’austérité. Quant à Sergio Liberi, il relève comment Mario Monti a réussi, le tour de force de faire, dans les mesures austéritaires, ce que même Berlusconi n’a pas réussi à faire.
Alors que le « Pacte de croissance » sensé « équilibrer le Pacte budgétaire est économiquement très insuffisant et pas réellement une nouveauté (1), ajoutons que juridiquement, simple annexe aux conclusions du sommet, il n’aura pas du tout la même portée que le traité Merkozy, si sa ratification va au bout.
La BCE est dégagée de toute responsabilité! Concernant l’Italie et l’Espagne, ce sont des fonds garantis par la puissance publique, largement empruntés sur les marchés financiers, qui sont mobilisés pour socialiser les pertes et ardoises des banques privées.
Pire, les conclusions du sommet renoncent au statut de « créanciers privilégiés » pour les opérateurs publics (MES, etc.. ) si bien que les banques commerciales et les marchés seront remboursés en premier en cas de difficultés. On comprend « l’euphorie des marchés » affiché par la Une du Figaro que Marie- Christine Vergiat explicita lors du débat.
Bref, même à l’aune de la modestie des propositions initiales de François Hollande, ( renégociation du traité, nouveau rôle de la BCE, mise en place d’eurobons …), aucune n’est remplie au terme du sommet. Et le volet croissance est largement un « trompe l’oeil »

Que faire ?

Au-delà des différentes interventions qui ont contribué à faire la clarté sur ce sommet, l’autre volet du débat était de voir où en était la gauche européenne de transformations sociales, ainsi que le mouvement social et citoyen.
Les expériences française, grecque, espagnole, italienne, ont été expliquées montrant comment de façon différenciée, des expériences de « Front de gauche » étaient mises en mouvement. De même ont été évoquées les batailles d’opinion et de mobilisations menées par les mouvements sociaux et citoyens et les prises de positions nouvelles de la Confédération Européenne des Syndicats.
La façon de les amplifier et de les faire converger a occupé une large place du débat, alors même que la démocratie européenne est, selon les mots de Pierre Laurent, en train de s’atrophier gravement et que des dérives d’extrêmes droite menacent.
En France et dans l’immédiat, il s’agit de s’opposer à une ratification de ce « paquet européen » , d’exiger une transparence et un débat public ample et approfondi et une nécessaire décision citoyenne par référendum.
Dans le même temps, de peser contre les fermetures d’usines et les licenciements boursiers.
Il s’agit aussi, a t-on pu entendre, de récupérer du pouvoir et de faire du combat démocratique un combat essentiel et prioritaire, « un chantier de luttes à mener en permanence ».

La preuve par la Cour des Comptes

Dimanche l’audit de la Cour des Comptes rendu public ce lundi 2 juillet n’était pas encore connu. Mais mettant ses pas dans ceux du traité Merkozy, comme si il était ratifié, et épousant l’objectif d’un déficit brutalement ramené à 3% dès 2013 et l’équilibre budgétaire comme « but en soi » pour 2017, elle exige 33 milliards d’euros de nouvelles économies si la croissance est de 1%. L’effort serait de 38,5 milliards si la croissance n’est que de 0,5%. En clair plus le patient est anémié, plus il faut le saigner ! D’où la recommandation d’avoir recours à une hausse de la TVA ou de la CSG...pendant que les marchés financiers seront rassurés et refinancés à guichet quasi ouvert.
Comme l’absurdité d’un cercle vicieux qu’il faut rompre.
Jean Paul DUPARC

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche