Humanité et fermeté : il est impossible de concilier l'inconciliable - tribune dans le Patriote

Humanité et fermeté :  il est impossible de concilier l'inconciliable - tribune dans le Patriote

Patriote Côte d'Azur, édition du 25 septembre 2015 : L'Union européenne est confrontée à une crise humanitaire sans précédent, conséquence directe de la dégénérescence de conflits au Proche et au Moyen-Orient dont certains États européens sont directement responsables.

Cette crise doit cependant être replacée dans son contexte mondial : plus de 60 millions de personnes sont déplacées ou réfugiées dans le monde et seulement 13 % d'entre elles ont trouvé refuge dans des pays développés. Le vieux continent,  à quelques exceptions près,  loin d'être à la hauteur de la crise, se replie sur lui-même, alimente les peurs et s'enferme dans ses égoïsmes nationaux.

Plus de 2 600 personnes sont mortes depuis le début de l'année en Méditerranée s'ajoutant aux 30 000 morts recensés depuis 2000. Sans parler des scènes inhumaines que l'on voit désormais, notamment en Hongrie.

Aujourd'hui, ceux qui arrivent à nos frontières sont majoritairement syriens mais aussi afghans, érythréens, soudanais et somaliens pour ne citer que les principales nationalités. Ils fuient des guerres, des zones de conflit ou des dictatures. Ce sont des réfugiés qui ont le droit de demander l’asile sur le sol européen conformément au droit international.

Les réfugiés et déplacés syriens sont, à eux seuls, désormais près de 12 millions mais seulement quelques milliers d'entre eux ont trouvé une protection en Europe.

Il y a des mois, désormais, que les chefs d'État et de gouvernement européens auraient dû prendre les dispositions qu'impose la situation. Au lieu de cela, ils tergiversent pour accueillir quelques milliers de réfugiés supplémentaires et ils continuent, en parallèle, de bloquer les frontières, faisant de plus en plus le tri entre les "bons" demandeurs d'asile, qui pourront déposer une demande dans les pays de l'Union et ainsi avoir une chance d'obtenir le statut de réfugié, et les autres dits "migrants économiques" qu'il faut renvoyer avec fermeté dans leur pays d'origine, y compris les pires d'entre eux, puisqu'aujourd'hui l'UE négocie avec les pays de la Corne de l'Afrique, où l'on trouve les pires dictatures du monde et notamment le Soudan et l'Érythrée.

Plus de 13 milliards ont été consacrés à l'Europe forteresse : surveillance des frontières, et pas seulement via Frontex, contrôles et fichage de plus en plus systématiques, construction de centres de tri dans et hors UE, murs et barbelés et bien sûr accélération des expulsions dans des conditions qui tournent de plus en plus le dos aux droits les plus fondamentaux.

Ces politiques démontrent chaque jour un peu plus leur inefficacité.  Hier, en Italie et en Grèce et aujourd'hui, en Hongrie, en Autriche et en Croatie.  Pire, ce sont ces politiques qui poussent les réfugiés dans les bras des passeurs en prenant des risques y compris vitaux...

Alors oui, il est temps d'ouvrir les yeux, de cesser d'agiter les peurs et de courir après l'extrême droite. Il est temps de prendre les mesures nécessaires pour faire face à l'urgence  et  mettre en place une politique européenne migratoire apte à relever les défis de demain.

Pour cela, il suffit d'utiliser autrement les crédits existants et d'appliquer le droit international.

De nombreux collectifs de citoyens montrent, aujourd'hui comme hier, la voie et redonnent l'espoir en l'Humanité.

L'Humanité est une, les migrants ne sont pas un problème au Nord tandis que les " expatriés" serait une richesse au Sud, ils sont une source d'enrichissement mutuel. L'histoire du monde est là pour nous le montrer.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche