Les jeunes prennent d’assaut la République

Les jeunes prennent d’assaut la République

Paru dans La Marseillaise le 22 Octobre:

Une centaine de collégiens marseillais a participé cette année au Tour de France républicain, initiative de la préfecture des Bouches-du-Rhône et la Ligue de l’enseignement. À l’école de la deuxième chance, ils ont pu prolonger cette expérience en dialoguant avec deux euro-députés: Marie-Christine Vergiat et Renaud Muselier. 

Ils s’appellent Samira, Nassiri ou Dilan. Ou encore Richard ou Samuel. Certains étaient partis « à l’assaut » de la République et de ses institutions lors de la grande première d’une expérience qui a été renouvelée en 2015 et 2016. Un Tour de France républicain, à mettre au crédit de la préfecture des Bouches-du-Rhône et de la Ligue de l’enseignement. Des jeunes collégiens des quartiers les plus déshérités de Marseille. Choisis pour leurs efforts scolaires et l’intérêt qu’ils témoignent pour les valeurs et la culture de ce pays. Sans pour autant renier leurs propres origines. Samira, Nassira et Dilan et d’autres camarades issus de divers collèges ont été du voyage en 2015. « Une centaine en tout », se souvient. « Tous partis de la gare Saint-Charles », se souvient avec un enthousiasme très communicatif, Yves Rousset, préfet délégué à l’égalité des chances. Et Samira n’est pas avare de ses impressions à l’évocation des visites successives à l’Assemblée nationale, au Sénat, au parlement européen et, clou du voyage, de la réception à l’Elysée du président de la République. Mais au-delà des images, elle en conserve « le sentiment que cela nous a été très bénéfique. Cela a été un tournant pour aborder les questions de citoyenneté, de solidarité, de bien-traitance. »

Les questions qu’ils voulaient poser

Un langage et une image d’une jeunesse à mille lieues des éternels clichés véhiculés à longueur d’antenne. Ce dont les deux euro-députés qui avaient répondu à l’invitation de la Ligue de l’enseignement de venir à la rencontre de ces jeunes, se sont réjouis. Marie-Christine Vergiat (Front de gauche) et Renaud Muselier (les Républicains) ont répondu sans fard et de très bonne grâce aux multiples questions que leur ont soumis ces jeunes curieux de savoir quel était leur vécu réel de leur travail au sein du parlement européen. « C’est quoi exactement votre rôle ? », les ont-ils interrogés. « à faire avancer des projets de loi qui vous seront ensuite imposées », répondait Renaud Muselier. « Faire avancer des idées, se battre pour qu’une citoyenneté européenne vive », poursuivait Marie-Christine Vergiat. Tous les deux partageaient cette idée que les clivages politiques, sans pour autant les nier, s’expriment de façon plus posée sur les bancs du parlement européen. Avec moins de virulence qu’à l’Assemblée nationale.

Des questions de cet ordre, il y en eut beaucoup, de la part de ces jeunes qui ont participé à « ce voyage fantastique», selon les mots de l’un d’entre eux. Et bien entendu sur « la crise des migrants ». Là, les clivages, les différences étaient plus évidents. Mais personne n’était là pour s’invectiver. Juste répondre à ces questions d’élèves soucieux de connaître mieux les rouages des institutions de leur pays. Eux, dont beaucoup ont occupé des fonctions et des responsabilités de classe, « une bonne introduction à l’exercice des responsabilités », relevait Myriam. Pour les animateurs de la Ligue de l’enseignement qui, comme Charlotte ou Clotilde, qui avaient préparé lors d’un atelier matinal cette rencontre, peaufinant les questions aux députés, suggérant d’autres thèmes, comme celui de la laïcité, ce Tour de France républicain s’inscrit dans un long travail mené tout au long de l’année scolaire. Et qui, s’il vise à développer l’esprit de citoyenneté, doit aussi pouvoir en proposer des prolongements concrets d’application.

Gérard Lanux

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche