Système d'information Schengen : SIS II sera-t-il le nouveau "Big Brother" européen?

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Je suis intervenue en session plénière le mardi 23 octobre 2018 au sujet du Système d'information Schengen (SIS II). SIS II sera-t-il le nouveau "Big Brother" européen? Nos concitoyens ont droit à la sécurité, les nouvelles technologies peuvent y aider mais pas à n’importe quel prix. 

Cette intervention est accessible sur ma chaîne Youtube.

Marie-Christine Vergiat, au nom du groupe GUE/NGL. – "Monsieur le Président, le SIS II sera-t-il le nouveau Big Brother européen?

Le système d’information Schengen créé en 1990 était le pendant de la suppression des contrôles aux frontières. Il concernait essentiellement les véhicules volés, les personnes disparues et les ressortissants de pays tiers interdits de séjour. Un simple outil de coopération policière.

Sa portée n’a cessé de s’élargir au regard des signalements inclus, des données collectées et du nombre de personnes y ayant accès. Plus de 5 milliards de consultations, 76 millions de signalements et plus de 2 millions d’utilisateurs. Moi, cela m’inquiète pour le droit des personnes signalées et qui n’avaient rien à se reprocher.

Le ratio n’est pas beau et on va encore en élargir le champ, en y intégrant notamment des personnes soupçonnées d’avoir l’intention de commettre une infraction. Le soupçon d’intention: voilà une nouvelle norme pénale qui est assez loin de la présomption d’innocence. On pourra intégrer dans un fichier de criminalité un peu n’importe qui – nous venons de l’entendre – sans que les intéressés même ne le sachent vraiment.

On va aussi ficher tous les ressortissants de pays tiers faisant l’objet d’une mesure de retour ou d’un refus d’entrée sur le territoire. C’est un cran supplémentaire dans la criminalisation des migrants en situation dite «irrégulière» qui sont, rappelons-le, dans leur immense majorité, des personnes en situation de détresse.

On augmente aussi les collectes de données alphanumériques, images faciales, données digitales ou palmaires, voire ADN dans certains cas.

Oui! nos citoyens ont droit à la sécurité, les nouvelles technologies peuvent y aider mais pas à n’importe quel prix, pas en développant un climat de suspicion généralisée au détriment des droits fondamentaux, surtout entre de mauvaises mains. Pour nous, c’est non!"

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche