Taxe financière : les Français parlent (Méchamment) aux français

Le 12 février j'ai participé à une conférence de presse avec ATTAC et la CES pour défendre une vraie taxation des transactions financières. Voici l'article paru dans europolitique suite à cette conférence.

14 février 2014- Europolitique

A une semaine du conseil des ministres franco-allemand du 19 février, plusieurs eurodéputés, mouvements et ONG de gauche ont pressé Paris et Berlin de redynamiser le projet d'instaurer une taxe sur les transactions financières (TTF) au sein de l'UE. Et vilipendé les valses-hésitations de la France, en la matière.

Le président du groupe des socialistes et démocrates (S&D), l'Autrichien Hannes Swoboda, a ouvert le feu le 11 février, en cosignant avec sa coreligionnaire grecque Anni Podimata une lettre qui appelle les ministres allemand et français des Finances, le démocrate-chrétien Wolfgang Schäuble et le socialiste Pierre Moscovici, à être « sérieux » et à « agir » pour sortir le dossier de l'ornière.

Onze pays (Allemagne, France, Italie, Espagne, Belgique, Portugal, Grèce, Slovaquie, Autriche, Slovénie et Estonie) ont décidé de lancer une coopération renforcée sur la TTF, mais le débat piétine depuis un an. La présidence grecque de l'UE a d'ailleurs décidé d'annuler un débat d'orientation que l'EcoFin du 18 février aurait dû tenir sur le sujet, ce qui en dit long.

Le ton qu'ont employé, 12 février, les participants à une conférence de presse co-organisée par l'eurodéputée socialiste française Isabelle Thomas a été moins diplomatique encore. La Française était entourée de plusieurs autres parlementaires français et allemands - Gilles Pargneaux (S&D ; France), Liêm Hoang-Ngoc (Verts-ALE ; France), Udo Bullmann (S&D ; Allemagne), Sven Giegold (Verts-ALE ; Allemagne), Marie-Christine Vergiat (GUE ; France) - ainsi que de représentants de différents syndicats, mouvements et ONG : Bernadette Ségol (Confédération européenne des syndicats), Dominique Plihon (Attac France), Peter Wahl (Attac Allemagne) et Alexandre Naulot (Oxfam France).

Tous ont insisté sur la nécessité d'instaurer la TTF, notamment « afin de rendre la spéculation et la capitalisme casino moins rémunérateurs » (Bernadette Ségol), et appelé, dans ce contexte, la France et l'Allemagne à faire preuve d'initiative.

Folle chimère ? Certains d'entre eux se sont en tout cas montrés très critiques envers Pierre Moscovici, qu'ils accusent de vouloir réduire à peau de chagrin le champ d'application de la TTF. « Si les produits dérivés sont exclus, les risques de transfert vont réduire à néant la portée de la taxe », a résumé Isabelle Thomas.

« La France s'aplatit devant les demandes du secteur financier », a critiqué Peter Wahl, en notant que cela suscite le « mécontentement » du nouveau gouvernement allemand. « On marche sur la tête ! », a ajouté Marie-Christine Vergiat, en rappelant que le président français, François Hollande, s'était pourtant fait en 2012 le « champion de la lutte contre la finance ».

« J'espère que le conseil franco-allemand pourra revenir à plus de raison », a déclaré Sven Giegold. « Je pense qu'il en sortira quelque chose », a assuré Isabelle Thomas.

Vraiment ? « Nous sommes inquiets », a reconnu Dominique Plihon. « Mais si nous perdons une bataille, nous gagnerons la guerre ! ».

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche