Tribune "Non au massacre des #LGBTI en #Tchétchénie"

Tribune "Non au massacre des #LGBTI en #Tchétchénie"

"Non au massacre des #LGBTI en #Tchétchénie"
Je suis signataire de cette tribune pour dénoncer l’impunité de la Tchétchénie qui perpétue ce génocide et pour demander à l'UE d'agir
Cette tribune est accessible sur le site de L'Obs.

3.743 km. C’est la distance qui sépare Grozny, capitale tchétchène, de Bruxelles, capitale européenne. C’est donc à 3.743 km seulement du cœur symbolique de l’Union européenne que se joue un génocide à l’encontre de la communauté LGBTI+ de Tchétchénie, République de Russie. Un génocide aux portes de l’Europe.

Un génocide source d’un silence aussi inquiétant qu’indigne de la part de la communauté internationale, et plus particulièrement de l’Union européenne qui se drape dans un mutisme effarant. Nous dénonçons ce silence contraire aux valeurs humanistes qui, à la suite des horreurs de la Seconde Guerre Mondiale, ont présidé à la fondation de l’Europe afin que la barbarie et l’infamie n’adviennent plus jamais.

N’oublions pas le sort réservé aux homosexuels par les nazis. N’oublions pas les camps de la mort. N’oublions pas le triangle rose.

En 2019, chacun devrait avoir le droit de vivre en toute liberté son identité, quelle qu’elle soit,  sans avoir à se terrer, à se masquer, à vivre pétri par l’angoisse d’être stigmatisé, persécuté ou assassiné. Lutter pour que chacun ait ce droit est un combat constant afin que chaque personne LBGTI+ dans le monde se sente soutenue pour ne pas devoir vivre dans un état de terreur et de sidération permanentes. Lutter, pour qu’elles puissent s’affirmer en toute liberté. Ce combat doit être mené avec une fermeté intransigeante et de toute urgence. 
Un crime contre l'humanité

Or, depuis 2017, un mécanisme génocidaire à l’encontre des LGBTI+, persécutés pour ce qu’ils sont, est en cours en Tchétchénie. Stigmatisations, délations, persécutions, viols, tortures, exécutions, emprisonnement dans des « camps ». Les nombreux témoignages concordent, c’est bien de façon planifiée et systémique que le pouvoir tchétchène organise ce crime contre l’humanité sous l’œil complice de Moscou et dans une quasi omerta internationale. Ces exactions s’ancrent dans la logique d’un pouvoir pour lequel la violation générale des droits humains est la règle.

Les faits sont éloquents :

En 2017, Zelimkhan Bakayev, chanteur russe ouvertement homosexuel a disparu dans des circonstances obscures alors qu’il s’était rendu au mariage de sa sœur à Grozny. Il aurait été arrêté par les autorités tchétchènes, détenu et torturé dans « un camp », puis assassiné 10 heures plus tard, comme le rapportent des témoignages concordants. La notoriété de la victime a permis de rompre le silence et de mettre à jour les atrocités commises par le pouvoir tchétchène. 

Depuis 2017, des centaines de témoignages corroborent cette purge organisée de façon systémique par le pouvoir et sous le joug du président Ramzan Kadyrov à l’encontre des personnes LGBTI+ en Tchétchénie. À ce titre, le témoignage d’Adam, jeune tchétchène qui a réussi à se réfugier en Europe occidentale évoque, outre la barbarie des agressions, des persécutions, du lynchage, la mise en place d’un « nettoyage ». Le mot est lourd de sens et le cercle familial peut difficilement faire office de lieu de refuge : les familles tchétchènes sont incitées à assassiner leurs membres supputés homosexuel.le.s afin de "laver leur honneur".

Fin décembre 2018, les associations LGBTI de Russie révèlent qu’une nouvelle vague d’arrestations d’environ une quarantaine d’hommes et de femmes aurait eu lieu. Alors qu’elles semblaient moins touchées, les femmes lesbiennes (ou supposées telles) ainsi que les personnes transgenres sont également des cibles du régime tchétchène. Elles seraient détenues et violées à coups de bâtons à électrochocs.

Rappelons que, comme l’a déclaré Kheda Saratova membre du Conseil des droits de l'Homme sous l’égide du président de Tchétchénie : "l’intégralité du système judiciaire" tchétchène traiterait toute personne ayant tué un proche homosexuel "avec compréhension".
Un génocide

L’ensemble de ces faits a, par ailleurs, donné lieu à une "Plainte pour génocide contre Ramzan Kadyrov" déposée par les associations Mousse, Stop Homophobie, Asso Comité Idaho France, auprès de la Cour Pénale Internationale. Nous reprenons ce mot génocide à escient car il correspond à ce qui est défini à l’article 211-1 du code pénal français en l’étendant à tout “groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire”. Nous regrettons que cela ne soit pas le cas dans la convention de l’ONU de 1948 et estimons que le terme génocide devrait être appliqué également lorsqu’il s’applique aux personnes LGBTI+.

Nous dénonçons l’impunité avec laquelle la Tchétchénie perpétue un génocide et enjoignons l’Union européenne à agir. La dénonciation de cette situation enverrait un signal fort à toutes les personnes ne respectant pas les droits des personnes LGBTI+ en Europe et ailleurs.

Aussi exhortons-nous l’Union européenne à :

    dénoncer de façon commune et intransigeante ces exactions et non plus de façon isolée, inefficace, comme ont pu le faire ponctuellement Angela Merkel, Emmanuel Macron ou Charles Michel lors de rencontres officielles avec Vladimir Poutine en 2017. Le Conseil européen doit adopter une déclaration commune et des sanctions à l’encontre de la Tchétchénie ;
    accueillir de façon automatique et digne les demandes d’asile des Tchétchènes de la communauté LGBTI, à travers ses États membres, en charge de cette politique ;
    demander une enquête indépendante, autre que ce simulacre mené par Tatiana Moskalkova, déléguée des droits de l'homme de la Douma et homophobe notoire mandatée par Vladimir Poutine qui, rappelons-le, a voté la loi russe stigmatisante réprimant la  « propagande » homosexuelle envers les mineurs.

Amnesty souligne que les dénonciations de la communauté internationale ont déjà permis de faire cesser temporairement les arrestations après la répression de 2017. À quelques mois des élections européennes, si l’Union ne s’exprime pas alors qu’elle dispose de ces informations éloquentes, elle se rendra complice de ces exactions.

Nous accusons Ramzan Kadyrov de planifier un génocide.

Nous accusons ceux qui exécutent la planification de ce génocide.

Nous accusons Vladimir Poutine de complicité machiavélique de ce génocide.

Nous exhortons donc l’Union européenne à condamner avec fermeté ce crime contre l’humanité et à agir en conséquence avant qu’il ne soit trop tard.

Julien Marsay, agrégé de Lettres modernes et Jérôme Quéré, juriste en droit européen.

Note de la rédaction de L'Obs.  Ce texte a été rédigé à l’initiative du mouvement Place Publique, et signé par de très nombreuses personnalités. Les intertitres et les liens hypertextes sont de la rédaction.

Les signataires :

Judith Aquien, cofondatrice de Thot, directrice générale d’Action Emploi Réfugié et porteuse de cause “Hospitalité” à Place Publique, Antoine Alibert, militant écologiste et pour l’égalité des droits Paris XXe, Isabelle Alonso, journaliste et romancière, Pascale Arbillot, actrice, Association BAAM, Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants, Pénélope Bagieu, autrice de bande-dessinée, Serge Bagdassarian, comédien, sociétaire de la Comédie-Française, Marie-Christine Barrault, comédienne, Alex Beaupain, auteur, compositeur et interprète, David Belliard, président du groupe des élu.e.s écologistes au conseil de Paris, Benjamin Biolay, auteur, compositeur et interprète, Dominique Blanc, comédienne, David Bobée, metteur en scène et directeur du Centre Dramatique National de Normandie-Rouen, Kavita Brahmbatt, co-fondatrice d’Action Emploi Réfugiés, Saïd Benmouffok, professeur de philosophie et co-fondateur de Place Publique,  Farid Bouguettaya, avocat, Charles Braine, porteur de cause “Pêche et Écologie” à Place Publique, Geneviève Brissac, écrivaine et éditrice,  Ian Brossat, adjoint PCF à la maire de Paris chargé des questions relatives au logement, à l'habitat durable et à l'hébergement d'urgence, Pierre Natnael Bussière, étudiant et co-fondateur de Place Publique,  Guillaume Canet, acteur et réalisateur, Vincent Carry, directeur du festival Nuits sonores et porteur de cause “Culture” à Place Publique, Arnaud Cathrine, écrivain, Sarah Chiche, écrivaine, psychologue et psychanalyste, François Cluzet, acteur, Maxime Cochard, auteur et militant LGBTI+,  Corine, chanteuse, Catherine Corsini, réalisatrice, Nicole Croisille, comédienne et chanteuse,  Perrine Daubas, cheffe d’entreprise, Étienne Deshoulières, avocat au Barreau de Paris, Vincent Dedienne, comédien, auteur et humoriste, Karima Delli, députée européenne EELV, Alex Descas, acteur, Luc Di Gallo, Militant Génération.s en Seine-Saint-Denis, Arthur Dreyfus, écrivain, Julien Dufresne-Lamy, écrivain, Pascal Durand, député européen EELV, Michel Eltchaninoff, président des Nouveaux Dissidents, Jérémy Fel, écrivain, Andréa Ferréol, actrice, Diana Filippova, chef d’entreprise, auteur et co-fondatrice de Place Publique, Flag !, association des personnels LGBT du ministère d’Intérieur et de la Justice, Franck Finance-Madureira, journaliste, président fondateur de la Queer Palm (prix LGBTI+ du Festival de Cannes), Stéphane Foenkinos, réalisateur, Marina Foïs, actrice, Laure Fourteau-Lemarchand, co-fondatrice de l’association Éducations Plurielles, Nicole Garcia, actrice et réalisatrice, Jean-Michel Ganteau, professeur des universités, Michèle Gazier, écrivaine et éditrice, Génération.s LGBTI, Jérôme Giusti, avocat et président de Droits d’urgence, Raphaël Glucksmann, auteur et co-fondateur de Place Publique, Guillaume Gouix, comédien, Judith Grumbach, réalisatrice documentariste, Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire de Strasbourg, Sihem Habchi, présidente du prix Simone de Beauvoir, Brice Hillairet, comédien et metteur en scène, Clément Hervieu-Léger, comédien, metteur en scène et sociétaire de la Comédie-Française, Stéphanie Hochet, écrivaine, Raphaël Imbert, musicien, Yves Jeuland, réalisateur documentariste, Eva Joly, députée européenne EELV, Thomas Jolly, acteur et metteur en scène, Juliette Kahane, auteure, Gaël Kamilindi, comédien et pensionnaire de la Comédie-Française, Jérôme Karsenti, avocat et porteur de cause “Justice et Probité” à Place Publique,  Thierry Klifa, réalisateur, Ibtissame Betty Lachgar, porte-parole du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (M.A.L.I. Maroc), Laurent Lafitte, acteur, Pierre Lapointe, auteur-compositeur-interprète, Aurore Lalucq, économiste et membre de Génération.s, Alban Lefranc, écrivain, Jean-Ronan Le Pen, activiste écologiste, Gilles Lellouche, acteur et réalisateur, Matthieu Longatte, comédien, auteur et humoriste, Damien Loret, co-référent national LGBTI du mouvement Génération.s, Germain Louvet, danseur étoile à l’Opéra de Paris, Clara Luciani, auteure-compositrice-interprète, Alex Lutz, comédien, humoriste, metteur en scène et auteur, MAG Jeunes LGBT, association, Anne Marivin, comédienne, Corinne Masiero, comédienne, Paul Marques Duarte, cinéaste, Edouard Martin, député européen S&D, Nicolas Matyjasik, politologue - SciencesPo Lille, Mathilde Maulat, secrétaire générale du mouvement Place Publique, Marine Mazel, psychologue et porteuse de cause “Précarité” à Place Publique, Guillaume Mélanie, comédien, Nicolas Noguier, inspecteur de l’Action Sanitaire et Sociale, Claire Nouvian, Présidente de l’association Bloom et co-fondatrice de Place Publique, Odieux Boby, photographe, Valérie Ozouf, réalisatrice, Pierre Palmade, auteur et comédien, Alysson Paradis, comédienne, Timothy Perkins, enseignant ENSCI-les ateliers, artiste, architecte, Louis-Julien Petit, réalisateur, Amélie Pichard, cheffe d'entreprise, créatrice de prêt-à-porter, Marianne Piérot, avocate au Barreau de Paris en droit des étrangers, Raphaël Pitti, médecin humanitaire et élu à la ville de Metz, Bruno Perreau, professeur au MIT, titulaire de la chaire Cynthia Reed en French Studies, Malorie Peyrache, référente nationale LGBTI+ de Génération.s,  Eric Piolle, maire EELV de Grenoble, Denis Podalydès, comédien, metteur en scène, auteur, sociétaire de la Comédie française, Thomas Porcher, économiste et co-fondateur du mouvement Place Publique, Olivier Py, dramaturge, metteur en scène et directeur du Festival d’Avignon,  le Refuge, association d’accompagnement de jeunes victimes d’homophobie et de transphobie, Rone, musicien électro,  Laurent Ruquier, animateur TV/radio et auteur, Maxime Ruszniewski, producteur et ancien conseiller ministériel aux droits des femmes, Bruno Sanches, acteur, Didier Sandre, acteur, metteur en scène, pensionnaire de la Comédie-Française, Edgar Sekloka, auteur-compositeur-interprète, Pierre Serne, conseiller régional d’Île-de-France et porte parole du mouvement Génération.s, Mathieu Simonet, écrivain, Eric Slabiak, compositeur, SOS Homophobie, Jo Spiegel, maire de Kingersheim et co-fondateur de Place Publique, Laurent Stocker, comédien, sociétaire de la Comédie-Française, Tim Dup, auteur-compositeur-interprète, Christa Theret, actrice, Luc Tezenas, juriste, UNEF, syndicat étudiant, Urgence Homophobie, association de défense des droits LGBTI+, Nadia Vadori-Gauthier, docteure en esthétique et artiste, Thomas Verduzier, président de l’association d’Affaires Internationales de SciencesPo Paris, Marie-Christine Vergiat, eurodéputée Gauche européenne, Pauline Véron, adjointe à la maire de Paris en charge de la démocratie locale, participation citoyenne, vie associative et de la jeunesse, Marie-Pierre Vieu, députée européenne PCF, Karin Viard, actrice, Éric Walther, journaliste, Sandrine Zalcman, avocate à la Cour.

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