UE/Tunisie: les intérêts économiques de l'UE ne peuvent passer avant les droits de l'Homme

UE/Tunisie: les intérêts économiques de l'UE ne peuvent passer avant les droits de l'Homme

En ce félicitant de l'organisation du débat au Parlement Européen sur les Relations UE/Tunisie, auquel le groupe GUE/NGL a largement contribué, la députée européenne Marie Christine Vergiat a regretté que ce débat ne soit pas accompagné du vote d'une résolution. "Les paroles passent, les écrits restent".

Les accords de partenariat de l'Union comportent désormais des clauses relatives à la démocratie et aux droits de l'Homme. Pour la responsable GUE/NGL de la sous- commission Droits de l'Homme de la commission des affaires étrangères, "ces clauses doivent être examinées avec la même vigilance que les clauses économiques." Le 25 novembre dernier, monsieur Ben Ali a été réélu pour son 5ème mandat avec plus de 89 % des voix, un score exemplaire de la situation de ce pays où la démocratie est totalement verrouillée, où les défenseurs des droits de l'Homme, les magistrats, les avocats, les journalistes sont harcelés, emprisonnées et même torturés.
 
Le cas de Taoufik Ben Brik, dont l'appel de son jugement sera examiné ce samedi 23 janvier, est exemplaire mais l'on pourrait aussi parler des journalistes Zouhaïer Maklouf et Fahem Boukadous condamné l'un pour avoir parlé des conditions environnementales de la zone industrielle de Nabeuf et l'autre de la répression des manifestations pacifiques des ouvriers de la région minière de Gafsa Redeyef. On pourrait aussi parler des défenseurs des droits de l'Homme Kamel Jendoubi, Sihem Bensedrine, Sana Ben Achour, Khemais Chammari, Raddia Nasraoui, victime d'entrave permanente à l'exercice de sa profession d'avocate, victimes d'une campagne de presse honteuse. On peut aussi s'interroger sur les retards pris par les rapports de l'ONU ou sur le refus d'accepter des observateurs de l'UE lors des récentes élections".
 
Selon Marie Christine Vergiat, "Les faits sont là. Ils sont de plus en plus dénoncés par les journaux de nos pays. C'est pourquoi nous entendons demander à la Commission et au Conseil quelles mesures ils entendent prendre pour que la Tunisie tienne enfin ses engagements en matière de démocratie et de droits de l'Homme dans le cadre des accords actuels et refusent tout début de négociation d'un statut avancé dans une telle situation.
 
Aussi les propos initiaux de la Commission européenne et de certains parlementaires, estimant qu'il existe quelques lacunes en matière de démocratie, de respect des droits de l'Homme, de liberté d'expression, de droits d'association, etc., sont proprement effarants et inacceptables. Les intérêts économiques de l'Union européenne ne peuvent passer avant la défense des défenseurs droits de l'Homme et plus généralement de tous les démocrates". 

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche