"Une fin d’année lourde de contradictions" - Le Travailleur Alpin

"Une fin d’année lourde de contradictions" - Le Travailleur Alpin

Je vous invite ma contribution pour le Travailleur Alpin dans leur numéro de janvier 2019 intitulée "Une fin d’année lourde de contradictions" entre le mouvement des Gilets jaunes, le Pacte de Marrakech et les élections européennes avec en toile de fond la montée des populismes et de l’extrême-droite partout en Europe.

Une fin d’année lourde de contradictions

Les gilets jaunes ont exprimé le rejet de la morgue de la classe dominante. Ce qui n’empêche pas de mener le débat sur des questions de fond.

Depuis bientôt 10 ans, j’essaye de porter les engagements qui ont toujours été les miens et de ne pas trahir la confiance que m’ont faite militant-e-s, puis électeurs et électrices du Front de Gauche en 2009, renouvelée en 2014.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que la tempête souffle plus fort que jamais, la montée des populismes et de l’extrême-droite s’exprime partout en Europe et nous ne sommes guère épargné-e-s. Or, à la veille des élections européennes, les forces des gauches sont plus divisées que jamais.

Le mouvement des gilets jaunes est un symbole de ras le bol ; la taxe sur les carburants a effectivement été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, après tant de mépris déversé par celles et ceux qui nous gouvernent sur celles et ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois. Mais c’est aussi le révélateur d’une incapacité de l’immense majorité des forces politiques à entendre ce ras le bol après la casse des corps intermédiaires opérée depuis des années par tant de gouvernements ; l’élection d’Emmanuel Macron et sa façon de gouverner ayant été une sorte d’apothéose de la morgue des classes dominantes ignorant ce qui ne leur ressemble pas.

Au final, je comprends mais ne m’y retrouve pas. J’ai donc envie de prendre du champ et de me recentrer sur les questions de fond et notamment sur les migrations car cela illustre plus que d’autres la relation que nous devrions avoir au monde dans toute sa diversité.

C’est pourquoi je considère que le débat qui a eu lieu dans toute l’Europe sur le Pacte de l’ONU sur les migrations, dit Pacte de Marrakech, du nom de la ville où il a été signé, est une sorte de paradigme.

L’extrême droite s’en est saisie pour faire croire qu’on allait créer dans le dos des peuples « un droit de migrer » et plus exactement un droit pour les gens du Sud à venir s’installer chez nous ; le fameux syndrome de la « submersion » repris y compris par Gérard Collomb quand il était ministre de l’Intérieur. Il s’agirait de « vendre la France aux étrangers » et d’en « remettre les clés à l’ONU ». « Huit pays seraient obligés d’accueillir 480 millions de migrants » (1).

Peu importe qu’en réalité, il n’y ait que 285 millions de migrants internationaux dans le monde parmi lesquels 60 millions d’Européens, ce qui fait de notre continent celui dont les habitants migrent le plus au prorata de sa population.

La gangrène gagne de plus en plus les esprits, peu importe les réalités. Or, il y a urgence à prendre ce débat à bras le corps et non de l’enterrer au motif qu’il serait notamment trop difficile comme si la lutte contre le capitalisme était un sujet facile.

Il n’y a de combats perdus d’avance que ceux qui ne sont pas menés. Une phrase que je vous laisse méditer pour ouvrir la nouvelle année.

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