Vérifications systématiques aux frontières : la sécurité des citoyens européens a bon dos !

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Strasbourg, mercredi 17 mai : Le 7 avril dernier, le système de vérifications systématiques aux frontières entrait en application. Sans surprise, comme nous l'avions mentionné lors de l'élaboration du texte, la mise en place a provoqué d'importantes difficultés aux frontières. Nous faisons donc le point sur la situation. Certains collègues ont souhaité m'interroger sur mon intervention liminaire, cela m'a permis de repréciser les choses sur ces "usines à gaz" qui ne vont pas dans le sens de plus de sécurité pour les citoyens européens.

Monsieur le Président, un mois après la mise en œuvre du règlement sur le contrôle systématique aux frontières, nous revoilà en plénière pour discuter des difficultés rencontrées, sans surprise: c’était prévisible, mais peut-être un peu rapide.

Il était inévitable que ces contrôles systématiques, loin de fluidifier les frontières, aient un impact sur la circulation. Nous l’avions effectivement dit. En première ligne se trouvent les aéroports, où les effectifs des douanes n’ont pas été augmentés et où les files d’attente se sont en conséquence allongées, provoquant la réaction des compagnies aériennes. Même chose aux frontières terrestres, notamment les plus exposées, avec des difficultés particulières entre États, membres ou non de l’espace Schengen. Il faut dire que mettre en œuvre le nouveau règlement au moment des vacances de Pâques demande un certain sens de l’humour dont les touristes, notamment suisses, allemands et autrichiens, ont fait les frais en se rendant sur les bords de l’Adriatique, en passant par la Slovénie et la Croatie. Et les mêmes dysfonctionnements ont dû être constatés en Roumanie et en Bulgarie.

Quelles solutions propose-t-on? Revenir aux contrôles ciblés, au mépris de l’objectif même de sécurité annoncé. Sous la pression du Conseil, une nouvelle fois, on a adopté et mis en place à la va-vite des systèmes sans en éprouver la fiabilité, ne serait-ce que par une étude d’impact. Et on reproduit les mêmes erreurs que pour le PNR et pour le SIS sur le dos du contribuable européen et de la crédibilité de l’Union européenne. Les citoyens européens et leur sécurité ont bon dos.

(L’oratrice accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 162, paragraphe 8, du règlement)

Carton bleu, ma réponse :

Je pense qu’il a dû y avoir un petit problème d’interprétation et que vous me connaissez mal, mon cher collègue.

Ce que j’ai dit, je l’ai dit au moment de l’adoption du texte. Par conséquent, je n’ai pas changé d’avis. Je pense que la sécurité est quelque chose d’important mais je constate aussi les échecs des systèmes que nous mettons en œuvre les uns après les autres. Il se trouve que je suis l’ensemble de ces dispositifs pour le groupe GUE/NGL. Nous sommes en train de voir que le PNR n’est pas mis en place et que SIS ne fonctionne pas, et qu’il faudra, une nouvelle fois, revoir le système.

Par conséquent, je ne suis pas en contradiction avec moi-même. Je suis en permanence sur la même position: j’alerte et je dis que les systèmes mis en place ne sont pas fonctionnels et ne répondent pas aux besoins de sécurité des citoyens.

(L’oratrice accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 162, paragraphe 8, du règlement))

Carton bleu, ma réponse :

Madame Macovei, vous allez peut-être être étonnée mais je suis d’accord avec vous. Si j’ai dit «sur le dos du contribuable européen», c’est parce que j’ai peur que ce qui nous soit proposé aujourd’hui, c’est d’augmenter des fonds qui existent déjà et que nos gouvernements n’utilisent pas.

Nous avons besoin de plus de transparence pour savoir exactement comment les gouvernements nationaux utilisent les fonds de sécurité intérieure.

Ce n’est pas en augmentant les enveloppes qu’on va régler les problèmes, bien au contraire.

 

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche