Visas humanitaires : Il faut des voies régulières pour les migrants et les réfugiés !

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Je suis intervenue en commission LIBE le 10 septembre 2018 au sujet des visas humanitaires. Soit on est d’accord pour dire tous ensemble qu’il faut des voies régulières pour les migrants et les réfugiés. Soit on ferme la porte à ces visas humanitaires. Le seul intérêt d’avoir des visas humanitaires européens c’est d’avoir une procédure européenne, une harmonisation européenne et que cela ait un sens au niveau humanitaire.

Mon intervention est également disponible sur ma chaîne Youtube.

"Je voudrais revenir en arrière, en 2014, lorsque le code des visas nous a été proposé.

Comme l’a dit le rapporteur, à l’époque il y avait une sorte de consensus dans cette maison pour introduire les visas humanitaires dans le code des visas. Nous étions 5 groupes politiques à être d’accord sur cette question. C’était en 2014.

Depuis il y a eu la fameuse « crise migratoire » en 2015-2016. Je continuerai à dire et à répéter que l’UE n’est pas confrontée à une crise migratoire mais à une crise de l’accueil, notamment une crise de l’accueil des réfugiés.
Chaque année, 2.5 millions de personnes rentrent régulièrement sur le sol de l’UE.

Le problème comme l’a dit le rapporteur c’est que certains ne bénéficient pas de ces possibilités de voies régulières pour venir sur le territoire de l’UE. Nous avons des pays qui sont confrontés à des situations intenables. C’était le cas de Malte, c’est le cas de l’Italie, de la Grèce et maintenant de l’Espagne puisque les routes se déplacent.
Nous ne lutterons jamais contre les trafiquants en fermant les routes. On le constate en ce moment même, il suffit de reprendre les chiffres du HCR. Le nombre de traversées si on compare à 2015 et 2016 a diminué par 10. Le nombre de morts augmente. 1/18 personne qui tente la traversée, meurt en Méditerranée. 1/42 l’année dernière. Le chiffre était stable l’année dernière en 2016 et 2015.

Donc nous sommes confrontés à une situation hallucinante où les gens meurent de plus en plus en Méditerranée. Et nous refusons d’avancer sur la proposition qui avait été faite. On nous a demandé de retirer les visas humanitaires du Code des visas pour pouvoir discuter Code des visas. On a fini par accepter, bien que j’étais septique sur le résultat. Je n’ai pas été déçue. On nous a retiré le Code des visas pour nous en ramener un plus restrictif aujourd’hui. Donc je ne sais pas à quoi jouent un certain nombre de groupes dans cet hémicycle.
Soit on est d’accord pour dire tous ensemble qu’il faut des voies régulières pour les migrants et les réfugiés. Soit on ferme la porte à ces visas humanitaires. Le seul intérêt d’avoir des visas humanitaires européens c’est d’avoir une procédure européenne, une harmonisation européenne et que cela ait un sens au niveau humanitaire.

Nous savons tous que les Etats membres, y compris ceux qui sont opposés à ces fameux visas humanitaires, en délivrent de leur côté. La question c’est d’avoir une procédure de solidarité européenne, pas un cadre commun pour ceux qui veulent le faire. Ça n’a pas de sens, ce n’est pas une procédure européenne. Si nous continuons à faire ça, nous détruisons, nous détricotons l’Europe, et c’est ce qu’on est en train de faire avec le Code des visas.

Je n’ai pas déposé beaucoup d’amendements, j’en ai déposé 24. Ceux sont des petits en général qui reprécisent un certain nombre de choses sur des problèmes qui me tiennent à cœur, notamment le respect des principes et des droits fondamentaux.

Sur la question de l’accès au territoire européen, le rapporteur l’a souligné, la question c’est que ces gens puissent effectivement accéder au territoire européen et que leurs droits soient respectés.

Quand ce sont des personnes vulnérables, je rappelle ce qui nous a été dit par le HCR, il y a actuellement 8.000 personnes coincées à Tripoli au milieu des combats entre les différentes milices.

Tous ces gens ont fait l’objet de trafic. Ils sont coincés à Tripoli parce que les Etats membres de l’UE n’ont pas tenu leurs engagements avec ce qui a été fait en matière de réinstallation par rapport aux personnes renvoyés au Niger. Aujourd’hui, la frontière nigérienne est fermée, donc on a encore plus de gens victimes de trafic.

Donc soit on réagit et on fait quelque chose qui ait du sens, qui donne du sens à la question des droits de l’Homme, à la question de « l’Europe ouverte » comme disait Mme Stevens, je suis pour une Europe ouverte notamment pour les personnes les plus vulnérables et les personnes qui demandent l’asile.

Sinon, disons à nos Etats de sortir de la Convention de Genève, parce que c’est ce qu’on est en train de faire de sortir de la Convention de Genève !

Je ne comprends pas ce qu’on fait avec ce texte. Ce texte n’a de sens que si c’est pour travailler sur un cadre européen. Si c’est pour faire une architecture qui n’a aucun sens, on aura les mêmes problèmes que sur le fameux droit d’asile européen qui n’existe pas."

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche