Chronique de rentrée

Chronique de rentrée

03/09/2013 - La rentrée s’annonce particulièrement difficile tant au plan national qu’international. Je ne prendrai que deux exemples.
Tout d’abord la réforme des retraites. J’ai envie de dire, on a échappé au pire et pour s’en convaincre, il suffit d’entendre les cris d’orfraie du patronat et de la droite.
Pour autant, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réforme est décevante notamment parce que quoiqu’en disent ses thuriféraires, la logique enclenchée par Edouard Balladur et reprise systématiquement depuis, est toujours à l’œuvre.
Plutôt que de partager le temps de travail entre les jeunes et les plus âgés, entre ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas ou pas assez, on reste dans la logique de l’« adaptation de l’âge de la retraite à l’espérance de vie », comme ils disent.

Peu importe que le chômage des jeunes ne cesse d’augmenter et atteigne des records historiques notamment dans les quartiers populaires. Peu importe que la France est le record d’Europe des seniors au chômage.
Une nouvelle fois, le gouvernement a cédé aux sirènes de l’ordolibéralisme européen sans pour autant satisfaire la Commission européenne qui a très vite rappelé ses recommandations économiques de juillet : « nécessité d’assurer la stabilité des finances publiques et de réduire le coût du travail en France » pour éviter une nouvelle détérioration de la compétitivité des entreprises. Traduction : toute nouvelle charge des entreprises devra être compensée. Et le gouvernement s’est empressé de répondre à la Commission en annonçant que les augmentations de cotisations patronales serait compensées par une diminution de la CSG pour les entreprises. La Commission, a même annoncé qu’une évaluation détaillée de la réforme serait effectuée par Bruxelles afin de vérifier que les contreparties promises seront bien mises en place.
On pourrait faire un rêve : que la Commission fasse preuve de la même diligence pour le coût du capital…
Et dans le même temps,  le commissaire Olli Rehn appelle la France à cesser d’augmenter les impôts et aussi tôt, Bernard Cazeneuve obtempère en expliquant qu’en 2014 les efforts de la France pour réduire son déficit porterait essentiellement sur des réductions de dépenses.
De qui se moque-t-on ?
Comment ne pas se demander alors si ce n’est pas cette incapacité à répondre aux préoccupations sociales et donc à tenir les promesses électorales qui explique les gesticulations internationales de la France au plan international. Car voilà François Hollande qui veut aller « punir » Bachar El Hassad. Au nom de qui et de quel droit ?
Les exemples afghan, irakien et libyen n’ont pas servi de leçons à nos va-t’en guerre. Est-ce vraiment l’intérêt du peuple syrien ? Car oui, l’utilisation des armes chimiques est insupportable tout comme le sont les plus de 100 000 victimes de cette guerre civile qui n’a que trop duré. Mais quel sera l’impact sur ces mêmes populations de ces frappes aériennes ? Le « remède » ne sera-t-il pas pire que le mal ?
Et le Parlement français ne serait même pas consulté et serait le seul à ne pas l’être. La Constitution ne le prévoit pas nous disent-ils ? Comment dans un pays qui se dit démocratique, un seul homme peut-il décider d’une intervention militaire dans une zone à haut risque de surcroît ?
Une fois encore, cela démontre la nécessité de passer à la VIème République.
J’aurais aimé vous parler de mes inquiétudes après le coup d’Etat militaire en Egypte et aussi de l’évolution de la situation en Tunisie. L’espace m’étant compté, j’y renonce mais vous donne rendez-vous pour une prochaine chronique sur ce sujet.
D’ici là, bon courage et bonne mobilisation.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche