Chronique d'une eurodéputé N° 25: Pour une autre Europe, plus que jamais, le combat continue

Chronique d'une eurodéputé N° 25: Pour une autre Europe, plus que jamais, le combat continue

Au moment où j’écris ces lignes, l’Assemblée nationale va engager la discussion sur le Traité austéritaire. Rares seront sans doute les parlementaires socialistes qui ne suivront pas la démarche initiée par le gouvernement. Nous étions pourtant 80 000 ce dimanche à marcher de Nation à la place d’Italie pour refuser ce Traité et demander un référendum. Nous perdrons sans doute cette bataille mais ce n’est qu’une étape. De plus en plus nombreux sont ceux qui refusent cette logique austéritaire en France mais aussi dans un nombre croissant de pays européens et pas seulement chez ce qu’ils appellent la gauche radicale puisque de plus en plus d’économistes expliquent que l’Union européenne va droit dans le mur et que leur incurie nous emmène tout droit vers la récession. Mais rien n’y fait, ils sont tous droit dans leurs bottes.

Le plus étonnant est d’entendre les arguments mis en avant et notamment ceux du Premier ministre qui s’est rendu au congrès des radicaux de gauche pour leur dire que «  Le vote du Parlement ne sera pas la fin de l'histoire mais que manquer ce rendez-vous serait prendre le risque de l'aggravation de la crise,  prendre une responsabilité face à l'histoire. L'ambiguïté en disant non, c'est engager la sortie de l'euro",
Et mieux encore, Bernard Cazeneuve, ministre des affaires européennes, justifie son non au Traité constitutionnel parce qu’à l’époque l’Europe était sur une pente libérale mais qu’aujourd’hui ils vont refonder l’Europe.
On a envie de leur demander où est ce qu’ils ont vu le changement de pente alors que la majorité au sein de l’Union européenne n’a jamais été aussi fortement marquée à droite mais on a aussi envie de leur dire que l’erreur historique ce sont eux qui la font en faisant voter ce Traité sans le soumettre au vote des Français et de surcroît en leur mentant sur son contenu.
Nous allons continuer le combat. D’abord en étant aux côtés de tous ceux et de toutes celles qui se dressent contre ces politiques à commencer par les organisations syndicales qui seront dans la rue notamment le 9 octobre.
Mais aussi en poursuivant la bataille au niveau européen. Le NON de la Commission à la proposition d’Initiative citoyenne européenne faite par le PGE (Parti de la Gauche européenne) pour demander la création d’une banque publique ne nous arrêtera pas. Je vous laisse apprécier les motivations de ce refus : ils n’ont pas trouvé dans le Traité les bases juridiques permettant d’appuyer une telle initiative. Il s’agissait pourtant de porter l'idée d'une banque qui, contrairement aux banques privées qui spéculent au lieu d'investir dans l'économie réelle, ait pour mission de financer les services publics et des innovations industrielles écologiques et respectueuses des droits des salariés. Le PGE voulait favoriser l'intervention citoyenne dans le chemin vers une sortie de crise.
Ils l’ont refusé. Décidemment leur Europe n’est pas la nôtre. Mais nous trouverons d’autres outils pour aider nos concitoyens à refuser la résignation en leur montrant pas à pas que d’autres alternatives sont possibles.
Plus que jamais nous ne lâcherons rien.

Marie-Christine Vergiat

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche