Chronique d'une eurodéputée N°10 - Solidarité

Chronique d'une eurodéputée N°10 - Solidarité

De quelle Europe, les peuples ont-ils besoin est la question posée dans ce numéro du Travailleur alpin.
En voilà une bonne question ai-je envie de dire et pourquoi n'est-elle jamais posée au niveau des instances européennes ?
Plus sérieusement, il est évident que les peuples européens ont d'abord besoin d'une Europe enfin solidaire. Souvenons-nous de la campagne des élections européennes ? Je me rappelle avoir dit, à ce moment là, qu'il était étonnant de voir tous les candidats faire de la surenchère sur l'Europe sociale. Certains allant même jusqu'à dire que, grâce au Traité de Lisbonne, ils allaient enfin avoir les moyens de le faire.

Où en est-on 18 mois après ? Tous les gouvernements des Etats membres de l'Union européenne sont unanimes pour dire qu'il faut développer la solidarité entre les Etats. Concrétement, ce sont partout en Europe des plans d'austérité d'une ampleur jusqu'alors jamais inégalée afin de répondre aux injonctions des agences de notation. Ces agences  qui dépendent toutes, ou presque, des banques au secours desquelles ces mêmes Etats ont volé au moment de la fameuse crise financière de décembre 2009. J'ai envie de dire : cherchez l'erreur ? Qui a provoqué cette crise sinon la spéculation et la course effrénée au profit ? Où sont les régulations que même Nicolas Sarkozy avait alors jugées désormais indispensables parce qu'il fallait réformer le capitalisme. Bien sûr, nous ne l'avions pas cru. Et le voilà qui recommence en nous annonçant une taxation des transactions financières dans son programme de président du G20. On pourrait en rire si ce n'était pas aussi grave de se moquer ainsi des peuples européens.
En effet, depuis le début de cette mandature, tous les amendements que nous avons proposés en ce domaine ont été systématiquement repoussés par la majorité du Parlement européens avec le soutien des inévitables libéraux. Pourtant ce ne serait que justice sociale au sein de cette Europe où les écarts entre les plus riches et les plus pauvres ne cessent de s'aggraver atteignant des records tout particulièrement en France. Et que nous propose aujourd'hui monsieur Coppé : d'augmenter la TVA, c'est-à-dire de taxer une fois encore les plus pauvres, ceux qui n'ont d'autre choix que de consacrer l'intégralité de leurs revenus à la consomation de biens et de services. Le tout parce qu'il faut bien baisser les prélèvements obligatoires puisque notre pays est celui qui a les plus élevé d'Europe. Mensonge tout comme au moment de la réforme des retraites puisque notre pays se situe au contraire dans la moyenne européenne.

Alors oui, les peuples européens ont d'abord et avant tout besoin d'une Europe plus solidaire sur son territoire mais aussi à l'extérieur de son territoire et je voudrais vous rapporter ici le sentiment qui m'a envahi lors du débat qui a enfin eu lieu le 2 février en séance plénière du Parlement européen sur la situation en Tunisie. D'abord et avant tout un sentiment de colère face à l'hypocrisie ambiante. Quelle belle unanimité dans cet hémicycle sur la solidarité avec le peuple tunisien qui avait su se débarraser de son tyran. Oublié le "miracle tunisien" tant vanté. Oublié notre ami Ben ali reçu en grande pompe. Oublié que nous n'étions qu'une poignée à demander à l'Union européenne de cesser toute négociation avec ce régime corrompu qui cognait de plus en plus fort contre tous ceux et toutes celles qui osaent encore dénoncer le régime. Alors oui la GUE/NGL est fière d'avoir toujours soutenu les victimes de la dictature et sera vigilante quant à la réalisation des belles promesses entendues. Parce que pour nous les mots de solidarité et de justice ont un sens et ne sont pas justes de belles paroles vite oubliées.

Marie-Christine Vergiat

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche