Chronique d'une eurodéputée n°12 - Halte à l'austérité aveugle!

Chronique d'une eurodéputée n°12 - Halte à l'austérité aveugle!

Les peuples ne doivent pas être les seuls à payer la crise. Depuis quelques semaines, les couloirs des institutions européennes sont remplies de discussions autour de la « Gouvernance économique ». Ce nouveau verbiage ne peut que nous interpeller. En effet, s'il est une chose que l'Union européenne semble gouverner depuis l'origine, c'est bien l'économie. On doit donc se demander ce que cela cache.

On pourrait espérer que crise financière oblige, les dirigeants de l'Union européenne allaient enfin tirer les leçons des erreurs du passé, qu'ils allaient prendre acte du fait que la spéculation financière était repartie de plus belle et que les marchés, loin de prendre en compte le sauvetage des banques à grands coups de deniers publics, spéculent aujourd'hui sur la dette publique.

La Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande en sont les premières victimes et sans doute pas les dernières.

On aurait pu aussi espérer, qu'en s'appuyant sur les valeurs de l'Union européenne, c'est par des mesures de solidarité que l'on allait aider ces pays à sortir de la crise.

Or c'est tout le contraire qui se produit. Plutôt que d'instaurer une taxation des transactions financières ou de taxer les profits des banques notamment, ce sont de nouvelles mesures d'austérité pesant uniquement sur les peuples qui sont proposées.

Sur proposition de la seule Allemagne et de sa Chancelière, immédiatement soutenue par Nicolas Sarkozy, c'est un renforcement du « Pacte de stabilité » qui vient d'être proposé :
-Révision des salaires et notamment des clauses d'indexation de ces derniers sur les prix. autrement dit, au cas où l'inflation repartirait, il ne faut surtout pas que les salaires suivent....
-« Adaptation » des retraites à l'augmentation de l'espérance de vie, autrement dit mort des systèmes par répartition et maintien des seniors au travail au détriment de l'emploi des jeunes ;
-Promotion accrue de la « flexisécurité » et réduction des taxes sur les salaires pour promouvoir l'emploi, autrement dit précarité accrue du travail et nouveaux cadeaux aux patronat ;
-Règles juridiques contraignantes en matière budgétaire (contrôle des budgets nationaux et sanctions y compris financières lourdes) pour mieux contenir la dette et les déficit publics, autrement dit nouvelles suppressions d'emploi et de services publics accompagnées de nouvelles privatisations ;
-« Coordination des politiques fiscales se résumant à une harmonisation à la baisse de l'impôt sur les sociétés et donc là aussi nouveaux cadeaux au patronat.

Autant de mesures qui relèvent de la compétence exclusive des États qui y renoncent donc volontairement ce qui ne les empèchera pas de brandir, une fois encore, le fameux « c'est à la faute à Bruxelles » et de s'étonner de la défiance croissante des peuples vis à vis de l'Europe.

Pire, c'est quasiment en catimini que les deux plus grands Etats de l'Union européenne imposent leur modèle néolibéral aux autres Etats et aux peuples de l'Union européenne. C'est un déni de démocratie sans précédent puisque les Parlements nationaux vont être privés d'une de leur compétence première : celle de voter les budgets et que le Parlement européen ne sera quasiment pas associé à cette nouvelle procédure.
Pourtant le Parlement européen a avalisé avec une très forte majorité (PPE, Socialistes, Verts et Libéraux) la modification du Traité de Lisbonne permettant la mise en œuvre de ces politiques.
Ils nous mènent droit dans le mur et organisent la récession.
Il est grand temps d'organiser non seulement la résistance mais aussi la contre offensive politique pour démontrer que d'autres politiques économiques sont possibles, des politiques respectueuses des hommes et de leur environnment, créatrices d'emplois et de relance économique, des politiques centrées sur la redistribution des richesses, le refus du dumping fiscal et social qui dressent les salariés européens les uns contre les autres.
La Gauche unitaire européenne entend y prendre toute sa part notamment en organisant des rencontres régulières avec les syndicats et le mouvement social européen.

Marie-Christine Vergiat

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche