Chronique d'une eurodéputée n°26 - Les enjeux européens pour les collectivités locales

Chronique d'une eurodéputée n°26 - Les enjeux européens pour les collectivités locales

Au moment où nous sortons du débat sur le Traité austéritaire, il n’est sans doute guère besoin de rappeler que la règle d’or s’impose non seulement à l’Etat nation mais aussi à toutes les collectivités territoriales comme aux hôpitaux et aux organismes de sécurité sociale.
La bataille contre l’Europe austéritaire ne fait que commencer et nous savons que nous avons besoin de la mobilisation citoyenne pour porter une alternative politique apte à nous faire sortir de la tenaille dans laquelle les gouvernements européens s’enferment refusant même d’entendre les voix extérieures de plus en plus en plus nombreuses qui disent que l’on court à la catastrophe.
Comment dès lors, ne pas me féliciter d’avoir vu le récent congrès de l’ANECR prendre cette question à bras le corps, en faire un des débats importants de son Congrès et un de ses principaux chantiers pour l’avenir.

Notre texte de congrès propose trois chemins pour refonder l’Union européenne largement inspirés bien sûr des propositions du Front de gauche :
- Le premier, démocratique, passe par le renforcement des rôles et pouvoirs des parlements nationaux et européens, l’association la plus large des citoyens et des citoyennes (thème central du congrès) et l’engagement d’un grand débat sur la refondation européenne ;
- Le second, c’est la rupture avec l’austérité et la priorité donnée au redressement productif et social, avec l’harmonisation vers le haut des standards sociaux pour lutter contre le dumping social et fiscal,  les délocalisations, la mise en place de visas sociaux et environnementaux…, la coopération primant sur la concurrence, la promotion des services publics prenant le pas sur les privatisations, l’intérêt général sur la course aux profits ;
- Le troisième, c’est la reconquête des pouvoirs bancaire et monétaire au service de ce redressement social et productif, avec la bataille pour le changement du statut et des missions de la BCE et la création d’un fonds européen de développement social et écologique.
Pour relever ce défi, l’ANECR ne part pas de rien. Elle peut s’appuyer sur le REALPE (le réseau d’élu(e)s progressistes européens) et poursuivre le travail engagé avec le PGE (Parti de la gauche européenne) actuellement présidé par Pierre Laurent et la GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, le groupe des élus du Front de gauche au Parlement européen, autrement dit mon groupe parlementaire). Elle sera en 1ère ligne pour porter la pétition européenne sur la création d’une banque publique d’investissements ; pétition refusée par la Commission sous la forme d’une Initiative citoyenne européenne mais nous trouverons d’autres chemins avec l’ensemble de nos amis européens pour faire entendre notre voix.
Nous devrons également travailler sur la question des fonds structurels européens (FSE, FEDER, FEADER) censés réduire les écarts entre les régions européennes. Le Parlement européen est actuellement saisi de cette réforme dont j’aurais sans doute l’occasion de vous reparler mais la gestion de ces fonds en France doit également être revue pour être confiée aux régions ; La réforme est nécessaire car actuellement la France ne consomme que 52 % des fonds dont elle pourrait disposer. Un scandale en soi quand on connait les difficultés administratives pour accéder aux dits fonds mais la question majeure est celle d’aboutir à une gestion démocratique et transparente.
Je ne sais quel sera le prochain mandat que me confiera l’ANECR mais je suis sure que j’aurais l’occasion de vous reparler prochainement de ces sujets.

Marie-Christine Vergiat

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche