Chronique d'une eurodéputée - Plus que jamais, on ne lâche rien

Chronique d'une eurodéputée - Plus que jamais, on ne lâche rien

Je trouve qu’en ce moment, nous vivons de « drôles » de moments politiques.
Au moment où les voix se multiplient pour dénoncer les politiques suicidaires de l’Union européenne, y compris dans les instances du FMI, nous voyons les principaux dirigeants de l’Union européenne tout comme malheureusement les nôtres, droits dans leurs bottes, réaffirmer qu’il faut plus que jamais poursuivre les réformes et ne pas relâcher les efforts. Fin avril, en écoutant ma radio matinale, j’eus la stupéfaction d’entendre coup sur coup l’ineffable Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, encourager le nouveau Président du Conseil italien, Enricco Letta, qui a constitué un gouvernement d’Union nationale alliant Berlusconistes et Démocrates, à poursuivre les réformes engagées par le précédent gouvernement (on sait ce que cela veut dire) et le gouvernement grec annoncer qu’il va supprimer 15 000 postes de fonctionnaires…  pour obtenir 9 milliards de prêts de la Troïka pour pouvoir justement payer ses fonctionnaires.

 Et quelques jours plus tard, c’était au tour de Mario Draghi, annonçant une baisse des taux de la BCE qui va essentiellement bénéficier aux banques à court terme, d’en rajouter une couche sur la nécessité de ne rien relâcher en ce qui concerne les politiques austéritaires tout en reconnaissant que « le sentiment de faiblesse de l'économie s'était encore renforcé au cours du printemps. ». Visiblement, il ne vient pas à l’esprit que c’est justement le risque de récession qui perturbe et inquiète ces fichus marchés. Un peu consciente du problème quand même, la BCE en serait même à envisager des prêts négatifs, c’est-à-dire que les banques emprunteraient à la BCE et que cela leur rapporterait de l’argent ; elles feraient donc double profit sur leurs emprunts et sur les prêts qu’elles finiraient peut être à consentir ensuite ;
Si j’ajoute que lors de la dernière plénière du Parlement européen, nous avons assisté :
- à un débat surréaliste sur la situation à Chypre pour lequel il suffirait comme en Grèce de quelques milliards pour résoudre le problème de la dette l’un des plus petit pays de l’UE.
- Et au vote d’une très grande majorité des parlementaires européens d’un dispositif pour soumettre les pays hors zone euro au même système coercitif austéritaire s’ils veulent bénéficier de soit disant aides de l’UE.
Je me dis que décidément ils marchent tous sur la tête et qu’il est temps de faire la révolution citoyenne et de donner les moyens à tous les citoyens européens de mieux comprendre comment les décisions sont prises dans les instances européennes et dans l’intérêt de qui. Les élections européennes de l’année prochaine devraient nous en donner l’occasion du moins je l’espère très sincèrement.
Pour que la corbeille soit tout à fait pleine, on peut ajouter également le rejet par le Parlement européen de la réformette de la Commission concernant le marché carbone qui traduit le choix de la droite européenne de donner raison au lobby industriel en maintenant envers et contre tout ses droits à polluer au détriment des intérêts de la planète et de ses habitants.
Alors on peut se féliciter qu’ici ou là, notamment en France,  des voix au-delà du Front de gauche se font de plus en plus entendre pour dire qu’il faut changer de cap. Cela a commencé par Marie-Noëlle Lienemann et la gauche du Parti socialiste, puis nous avons assisté à un tir croisé durant la même semaine de trois membres du gouvernement (Arnaud Montebourg, Cécile Duflot et Benoit Hamon), même petite musique chez Europe écologie Les Verts et plus récemment, c’est Claude Bartolone, le Président de l’Assemblée nationale qui ajoute sa voix à ce concert. Nous ne pouvons être dupes du fait que les motivations des uns et des autres ne sont sûrement pas les mêmes mais quand même, cela change la donne et rend de plus en plus crédible nos propres propositions. C’est tout l’enjeu de la mobilisation du 5 mai ouverte largement à tous ceux et toutes celles qui n’en peuvent plus de ces politiques austéritaires tout comme des assises du 5 juin.
Alors oui, j’enrage et plus que jamais, je vous dis : « on ne lâche rien ».

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche