CONFERENCE DE PRESSE: L'ITALIE, L'UE ET LEURS ENJEUX AVEC LE SOUDAN DE LUTTER CONTRE LA MIGRATION | 14 FEVRIER 17H30

CONFERENCE DE PRESSE: L'ITALIE, L'UE ET LEURS ENJEUX AVEC LE SOUDAN DE LUTTER CONTRE LA MIGRATION | 14 FEVRIER 17H30

Conférence retour sur la visite au Soudan de la délégation GUE/NGL en Décembre 2016, avec Dario Bellucio, avocat, ASGI, Cornelia Ernst, DIE LINKE. ,Josu Juaristi, EH Bildu,, Joao Pimenta Lopes, Partido Comunista Português, et moi-même, Marie Christine Vergiat, Front de gauche.

 

Retrouvez la vidéo de la Conférence de presse

Les eurodéputés GUE / NGL se rendus au Soudan suite aux nombreux articles de presse attirant l'attention sur les conséquences de la pression de l'UE sur le Soudan pour contrôler ses frontières. En particulier, des rapports sur l’augmentation du nombre d’arrestations d’érythréens à Khartoum et à la frontière libyenne, suivis de retours en Érythrée, le tout alors que le chef des forces de soutien rapide (anciennement connues sous le nom de "janjawids" accusés de génocide Au Darfour) alléguaient qu'ils avaient été chargés par le gouvernement de contrôler la frontière au Nord et qu’ils recevraient des fonds et du matériel de l'UE en échange de leur travail.

 

Alertés par ces nouvelles, quatre eurodéputés GUE / NGL se sont rendus à Khartoum les 19 et 22 décembre 2016 afin d'examiner de près le partenariat renforcé de l'UE avec le Soudan dans le cadre du processus de Khartoum, du Fonds d'affectation spéciale pour l'Afrique et du nouveau " Partenariat pour la migration ".

 

Les objectifs spécifiques de la délégation étaient les suivants:

- Examiner le contenu effectif de la coopération accrue de l'UE avec le Soudan dans le domaine du contrôle des frontières et des migrations;

- Examiner la manière dont est mis en œuvre de l'accord bilatéral de coopération policière italien, notamment en matière de retour, en permettant à certains des Soudanais illégalement expulsés le 24-08-2016 depuis Italie de rencontrer leurs avocats qui accompagnaient la délégation;

- Évaluer la situation des réfugiés érythréens au Soudan, y compris les arrestations et les retours en Erythrée;

- Examiner l'utilisation des fonds de l'UE, notamment le Fonds Fiduciaire UE-Afrique pour le contrôle des migrations.

 

Un résultat direct de la visite de la délégation GUE / NGL a été le dépôt ce 13 février 2017 d'un appel devant la Cour européenne des droits de l'Homme par cinq citoyens soudanais du Darfour qui avaient été expulsés par l'Italie le 24 août 2016.

L'appel A été rendu possible grâce aux avocats des plaignants, Dario Belluccio (ASGI, www.asgi.it) et Salvatore Fachile (ARCI, www.arci.it) - membres de Tavolo Asilo - qui avaient rejoint la délégation GUE / NGL Khartoum.

L'appel demande à la Cour d'enquêter sur l'action illégitime du gouvernement italien en violation de la Convention européenne des Droits de l'Homme et d'exiger une indemnisation au nom des victimes de cette expulsion.

 

Tout cela est le résultat direct de l'accord bilatéral de police signé le 3 août 2016 entre le chef de la police italienne - Franco Gabrielli - et son homologue soudanais. Il s'agit d'un des nombreux accords administratifs signés par l'Italie afin de simplifier et d'accélérer les procédures de réadmission des ressortissants de pays tiers considérés comme étant en situation irrégulière.

L'État italien, par le biais de cette opération policière, voulait montrer que l'accord fonctionnait et avait organisé une opération d'arrestation d'une soixantaine de citoyens soudanais à Vintimille. Heureusement, certains de ces réfugiés - soit par hasard, soit avec l'aide de militants - n'ont finalement pas pris le vol à Khartoum. Il est important de noter que tous ont été reconnus par l'Italie comme des réfugiés conformément à la Convention de Genève de 1951.

 

L'appel à la Cour européenne des Droits de l'Homme souligne les violations suivantes:

-L'article 3 de la CEDH - car il est reconnu que le Soudan soumet systématiquement ses citoyens à un traitement inhumain et dégradant, en particulier ceux de la région du Darfour;

-L'article 4 du Protocole additionnel de la CEDH, en relation aussi avec l'article 14 de la CEDH, en ce qui concerne une expulsion collective effectuée avec des moyens discriminatoires, sans examen individuel de la situation de chaque plaignant, visant spécifiquement un groupe de Soudanais;

-L'article 13 de la CEDH car les personnes renvoyées n'ont pas eu la possibilité d'avoir un recours effectif devant un tribunal italien pour demander la suspension de l'expulsion;

-L’article 4 du protocole 4 combiné avec l’article 13, étant donné que l’Italie ne prévoit pas l’effet suspensif d' un recours en cas d 'expulsion.

 

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche