Crise de l’accueil des réfugié-e-s : Pour la liberté d’installation et l’égalité des droits - Cause Commune

Crise de l’accueil des réfugié-e-s : Pour la liberté d’installation et l’égalité des droits - Cause Commune

Je vous invite à lire ma contribution intitulée "Crise de l’accueil des réfugié-e-s : Pour la liberté d’installation et l’égalité des droits" dans le numéro de Cause commune de janvier 2019 consacré à l'Europe et l'Union européenne. L'occasion de souligner que la crise qui frappe à notre porte est une crise de l’accueil des réfugié-e-s devant laquelle l’Union européenne préfère fermer ses portes. Il est primordial d'agir dans le respect des conventions internationales qui doit être la base de notre engagement et de garantir la liberté de circulation et l’égalité de tous les êtres humains en droits et en dignité.

Le nombre de migrants internationaux n’a jamais été aussi élevé : il atteint aujourd’hui 258 millions de personnes, soit 3.2 % de la population mondiale contre 2.9 % en 1990 et 5 % au début du XXème siècle, époque où les migrants étaient surtout européens. Aujourd’hui les Européens représentent encore 60 millions de migrants contre 36 millions d’Africains dont l’immense majorité se déplacent à l’intérieur du continent africain.

Ces chiffres doivent nous faire relativiser la crise qui frappe à notre porte : c’est une crise de l’accueil des réfugié-e-s devant laquelle l’Union européenne ferme ses portes. 68.8 millions de personnes ont quitté leur domicile sous la contrainte en 2017. L’immense majorité n’a pas passé les frontières du pays de départ ; ce sont des déplacés internes. Seulement 25 millions sont réellement des réfugiés (85 % « installés » dans des pays en voie de développement limitrophes de leur pays d’origine).

L’Europe est loin d’accueillir toute la misère du monde. Elle n’y prend même pas sa part au prorata de sa richesse et de la responsabilité de certains de ses Etats dans les conflits et la captation des richesses naturelles de ces pays.

Nous ne devons plus accepter que le continent européen soit le plus mortifère du monde pour les migrants pas plus que le « deux poids, deux mesures » qui règne à nos frontières : 662 000 Ukrainiens accueillis à 85 % en Pologne avec des titres de travail en 2017 alors que seulement 539 000 réfugiés toutes nationalités confondues ont eu droit à une protection internationale dans l’UE. Et on refuse les visas humanitaires à ceux qui fuient conflits, guerres et misère économique les laissant aux mains des passeurs et des trafiquants.

Nous devons donc être offensifs et ne pas laisser l’extrême droite continuer à gangréner les esprits.

Le respect des conventions internationales doit être la base de notre engagement et nous devons faire des propositions concrètes pour :
-    Le sauvetage en mer
-    La délivrance de visas humanitaires au plus près des zones de tension
-    La refonte globale du Règlement de Dublin en supprimant la notion de premier pays entrant
-    Un accueil digne pour tous les migrants et réfugiés qui arrivent sur notre territoire
-    Un accueil inconditionnel des mineurs et notamment des mineurs isolés
-    L’égalité des droits entre migrants et nationaux notamment en matière salariale
-    L’interdiction du délit de solidarité

Et à plus long terme pour :
-    L’ouverture du statut de réfugié-e-s à toutes celles et tous ceux qui sont contraints à l’exil forcé
-    Le droit à la mobilité pour toutes et tous quelle que soit sa nationalité (1/3 des habitants de la planète en bénéficie)

La liberté de circulation et l’égalité de tous les êtres humains en droits et en dignité comme le dit si bien l’article 1er de la DUDH doivent être au centre de tout projet politique d’émancipation. Ces valeurs donnent à voir une nouvelle relation aux autres pays du monde et à leurs habitants faite de respect et de solidarité et non de rejet et de domination.

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche