De quoi l'Europe est-elle le nom ? - chronique pour le Travailleur alpin

De quoi l'Europe est-elle le nom ? - chronique pour le Travailleur alpin

Travailleur alpin, avril 2016 : Les terroristes ont une nouvelle fois frappé en Europe, touchant symboliquement l'UE en son cœur, à Bruxelles, notamment à une station de métro située à mi-chemin entre Parlement et Commission européenne.

Plus de 30 morts, des dizaines de blessés, certains dans un état grave ; le bilan va sûrement s'alourdir.

Passé le moment d'émotion, c'est bien sûr aux victimes et à leurs familles qu'il faut penser et à toutes celles et tous ceux qui étaient sur les lieux et resteront traumatisés.

La peur est la réaction la plus immédiate et la plus normale qui soit. Surtout quand on se dit que cela peut se reproduire à tout moment, n'importe où ! Et c'est exactement ce que cherchent ceux qui commanditent ces horreurs.

Alors oui, il faut rassurer la population et tout faire pour assurer sa sécurité, sa sûreté et tenter d'empêcher la reproduction de tels actes mais pas n'importe comment et sans donner l'illusion que l'on peut éradiquer cela d'un coup de baguette magique. Le risque zéro n'existe pas. C'est vrai en tout domaine.

Et non monsieur Valls, nous ne sommes pas en guerre. Du moins pas sur le sol européen et pas nous.

Ce sont vos guerres et celles de vos alliés et ce sont elles qui font le jeu des terroristes. Elles sont l'un de leurs meilleurs arguments pour recruter des "combattants" là-bas comme ici en leur permettant d'alimenter l’idée d’une guerre de civilisations. Ne nous laissons pas prendre à ce piège.

Les attentats terroristes frappent partout dans le monde et ont fait des centaines de milliers de victimes, d'abord dans les pays du sud, et ce sont principalement des musulmans. Et il y a un certaine indécence à ne réagir que lorsque les victimes sont Européennes, blanches et que les attentats ont lieu sur le territoire européen.

Ce n’est pas notre mode de vie qu'ils attaquent.

Ce ne sont pas les valeurs  européennes qui sont en cause mais celles de l'Humanité, celles de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, adoptée aux lendemains de la 2ème Guerre mondiale au cours de laquelle les pires barbaries ont eu lieu sur le sol européen.

Et c'est en nous appuyant sur ces valeurs que nous pouvons faire front et non dans une fuite en avant sécuritaire qui bafoue de plus en plus ouvertement droits et libertés et stigmatise une partie de la population qui vit sur nos territoires du fait de sa religion réelle ou supposée.

Plus que jamais nous avons besoin de solidarité envers toutes celles et tous ceux qui vivent sur nos territoires.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche