Drôle de rentrée - chronique pour le Travailleur alpin

Nous sommes parti(e)s en vacances encore sous le coup des résultats des élections municipales et européennes marqués par la montée de l'extrême droite, une abstention majeure à gauche et un Front de Gauche incapable de capitaliser, d'agréger les mécontentements.

Nous savions déjà que le gouvernement ne tirerait aucune conclusion du résultat des élections européennes. La nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre aux lendemains des municipales ne nous avait laissé aucune illusion. François Hollande, droit dans ses bottes, ne bougerait pas d'un iota. Mais la composition du gouvernement Valls II et surtout les conditions dans lesquelles elle est intervenue en a quand même rajouté une louche. Emmanuel Macron en est le triste symbole. Plus le nombre de voix qui dénonce ces politiques mortifères pour le peuple et pour le pays s'accroît, plus ceux qui prétendent nous gouverner réaffirment qu'eux seuls ont raison. C'est désormais, je ne veux voir qu'une seule tête. En Mars, les écologistes avaient quitté le gouvernement. Aujourd'hui, ce sont les ministres "socialistes" qui osaient encore critiquer a minima les orientations élyséennes qui se font sortir.

Il est grand temps de réagir. Gauche, ne plus tarder, comme nous l'avons écrit dans un appel signé en juillet*. Il est grand temps de reconstruire un projet de transformation sociale, écologiste et solidaire en unissant toutes les forces de ceux et celles qui pensent encore que d'autres politiques sont possibles. Cela prendra du temps et ne se limitera pas aux prochaines échéances électorales quelle que soit l'importance de celles-ci. J'ai sillonné plusieurs universités d'été (celle des mouvements sociaux et du Front de Gauche depuis la fin du mois d'août et j'y ai vu tant de convergences que je me dis que les possibles sont là à portée de mains. Encore faut-il être capable de créer le mouvement, de reprendre l'initiative pour redonner de l'espoir et de faire converger les forces. Il est temps de faire taire les querelles qui portent moins sur le fond que sur la tactique à condition de bien vouloir travailler ensemble sans anathème, sans exclusive, sans prétendre imposer des solutions toutes faites. Il faut partir des réalités concrètes, donner de l'espace à ceux et celles qui se battent au quotidien.

Je continuerai à me battre pied à pied dans le cadre du Front de Gauche notamment en participant à l'assemblée de rentrée du 6 septembre mais aussi au Parlement européen avec mes collègues et ami(e)s de la Gauche unitaire européenne, Gauche verte nordique.

Non monsieur Valls, la Gauche n'est pas morte.

 

 

* Les signataires de cet appel ont décidé de poursuive en apportant leurs contributions dans un petit bouquin appelé lui aussi "Gauche ne plus tarder" en vente aux éditions Arcade 17. Les auteurs, 10 femmes sur 13, représentent assez largement la diversité de ceux et celles qui sont à la Gauche du Parti socialiste

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche