Du Grexit au Brexit : Illustration du deux poids, deux mesures des dirigeants de l’UE - chronique pour le Travailleur alpin

Du Grexit au Brexit :  Illustration du deux poids, deux mesures des dirigeants de l’UE - chronique pour le Travailleur alpin

Travailleur alpin, mars 2016 : L’Union européenne est-elle en train de se désintégrer ? Certains s’en félicitent tant à droite qu’à gauche.

Les critiques à l’égard de l’Union européenne ne cessent de monter. A juste titre tant les politiques conduites sont mortifères y compris au sens propre du terme en raison de l’incapacité des dirigeants européens à traiter la question des réfugiés.

Doit-on réagir en considérant que la sortie de l’Union européenne est la seule solution. Je ne le crois pas. Ce dont nous souffrons, c’est d’une « mal Europe ». GREXIT et le BREXIT ou plus exactement la façon de réagir des dirigeants européens en sont pour moi une illustration.

L’année dernière, les dirigeants européens, et en première ligne les chefs d’Etat et de gouvernement, ont refusé toute concession au gouvernement grec, prêts à le pousser hors de l’euro pour empêcher toute brèche dans les politiques austéritaires, toute mise en cause des dogmes de l’ultralibéralisme.

A l’inverse, aujourd’hui, tout a été fait pour maintenir le Royaume uni dans l’UE quitte à sacrifier quelques grands principes comme la liberté de circulation des citoyens européens et les droits y afférents.

Ceci pour satisfaire monsieur Cameron, le pompier pyromane, poussé sur sa droite par la montée en puissance des europhobes de l’UKIP, qui a largement dû sa victoire électorale  en mai dernier à sa promesse de référendum sur la sortie de l’UE. On les a tous entendu dire qu’ils ne céderaient pas à ce risque d’Union à plusieurs vitesses, François Hollande en tête.

La mascarade du Conseil européen de ce début février ne peut cependant masquer les choses. De nouvelles concessions ont été faites au Royaume uni alors que ce pays pratique déjà une Europe à la carte. Ils ne sont pas ni dans la zone euro, ni dans l’espace Schengen (avec les conséquences que l’on sait notamment à Calais). Ils ont émis de nombreuses réserves à leur signature de la Charte des droits fondamentaux et pratiquent le « opt out » qui leur permet de déroger à de nombreuses législations européennes dont le moindre n’est pas le « rabais » obtenu dans les années 80 par Margaret Thatcher à sa contribution au budget européen et sur lequel David Cameron vient d’obtenir de nouvelles concessions qui vont coûter environ un milliard d’euros à la France.

Et pour autant rien n’est gagné car au final, c’est le peuple britannique qui décidera et c’est tant mieux. Et si le syndrome de l’arroseur arrosé doit ouvrir une crise.

Sachons-nous en saisir pour ouvrir le vrai débat avec les citoyens européens : celui de la solidarité et non des égoïsmes nationaux.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche