Dur été, dure rentrée : Plus que jamais, parlons d'"Europe" - chronique pour le Travailleur alpin

Dur été, dure rentrée :  Plus que jamais, parlons d'"Europe" - chronique pour le Travailleur alpin

Travailleur alpin, septembre 2015 : En janvier dernier, la victoire de SYRIZA a été porteuse d’un immense espoir pour toute la Gauche européenne, pour tous les partisans d’une autre Europe. Puis il y a eu les 6 mois de négociations et leurs rebondissements se terminant par le référendum du 5 juillet et 61,3  % de votes en faveur de l'OXI.

Pour autant, quelques jours plus tard, le gouvernement d’Alexis Tsipras signait un 3ème mémorandum avec les institutions. 32 députés de SYRIZA votaient contre, dont Zoé Konstantopulou et Yannis Varoufakis, ouvrant la voie à un vaste débat.

Celui-ci est nécessaire. Mais gardons-nous de tout jugement hâtif, nous qui ne sommes pas grec(que)s et posons-nous les bonnes questions.

Rappelons-nous que les décisions des créanciers de la Grèce n’ont pas été prises dans le cadre des institutions européennes mais dans celui du Conseil des ministres de la zone euro qui regroupe les ministres, chefs d’Etat et de gouvernement de seulement 19 des 28 membres de l’Unions européenne.

Ajoutons que ces décisions n’ont pas été prises par les seuls Allemands et que si ceux-ci ont pesé lourdement sur les choix (Wolfgang Schäuble et Angela Merkel ayant eu le rôle que l’on sait), c’est parce que les autres Etats européens les ont soutenus ou se sont tus.

Rappelons également que tous les créanciers étaient autour de la table, BCE, FESF et surtout FMI ; qu’ils ont étalé leurs divergences, le FMI étant partisan d’une restructuration de la dette et les gouvernements européens, eux, étant plus prêts à lâcher du lest sur les réformes structurelles en matière de retraites et de droit du travail.

Rationnellement, on aurait pu croire que ces contradictions pouvaient permettre à la Grèce d’obtenir une marge de négociations. Elles ont au contraire resserré le nœud coulant.

Précisons que si le gouvernement grec a pris cette décision, c’est dans un contexte plus que difficile, les banques grecques ayant fermé leurs portes et le gouvernement grec ayant dû instaurer un contrôle des capitaux.

Quoique l’on pense de la décision prise, il n’est pas temps de réécrire l’Histoire mais plutôt de construire l’avenir. Au-delà du cas grec, le débat me paraît simplifié à l'extrême entre les partisans de la souveraineté nationale et les pro-européens ; les deux entités révélant des ensembles pour le moins divers et variés et il ne peut y avoir d'alliances de circonstances sans se poser la question de fond : Pour quoi faire ? Pour quel projet politique ?

La question d'une "autre Europe" est donc plus que jamais posée et s'il est besoin de démonstration, voyons comment on parle de la question des migrants, des réfugiés et des morts en Méditerranée pour laquelle aucune sortie n'est possible sans solidarité européenne.

La question majeure est donc celle du rapport de forces que l'on construit pas à pas, pied à pied ! Cela reste largement à faire au niveau européen mais aussi au niveau national. Changer les institutions européennes et celles de la Ve République ne sont pas des fins en soi. C'est d'abord sur le projet de société concret au service duquel nous voulons œuvrer qu'il faut agir et que l'on peut rassembler. 

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche