Halte aux discours de haine - Travailleur Alpin

Halte aux discours de haine - Travailleur Alpin

Je vous invite à lire ma contribution pour le numéro d'avril du Travailleur Alpin pour revenir sur l'attentat qui a eu lieu le 15 mars 2019 à Christchurch en Nouvelle-Zélande. Je salue la réaction digne de la Première ministre Jacinda Ardern et rappelle que les services de renseignement européens alertent depuis déjà plusieurs années sur les risques posés par l’ultradroite qui « rêve » de provoquer des affrontements intercommunautaires. La lutte contre tous les racismes quels qu’ils soient doit être au cœur de nos combats notamment pour la campagne des élections européennes.

Le 15 mars dernier, un fasciste australien de 28 ans a abattu 50 personnes et en a blessé des dizaines d’autres dans deux mosquées à Christchurch en Nouvelle-Zélande.

L’homme a expliqué son geste en se référant notamment aux attentats terroristes commis par Anders Behring Breivik qui firent 77 morts à Oslo et d'Utøya en Norvège. Il aurait décidé de passer à l’acte après la défaite de Marine Le Pen aux élections présidentielles de 2017.

Il se définit comme « européen » et a publié un document intitulé « le grand remplacement », reprenant le nom de la théorie complotiste de Renaud Camus. Largement portée par les réseaux identitaires d’extrême-droite du monde entier, nous ne connaissons que trop bien cette théorie en France puisqu’elle a été banalisée par de pseudo-intellectuels qui laissent régulièrement sous-entendre que les populations européennes risquent d’être submergées par des immigrés non-européens.

La reprise de cette théorie par les descendants de colons européens qui ont quasiment exterminé les populations autochtones d’Australie ne manque pas de sel.

La référence de ce suprématiste blanc revendiqué à un théoricien français fait froid dans le dos et rappelle tristement les années 30. Nous aimerions que notre pays soit associé à d’autres valeurs.

Cependant, nous pourrions nous référer à la réaction immédiate, très digne, de la jeune Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern. Elle pourrait, devrait, nous servir de référence. « Beaucoup de ceux qui ont été touchés par la fusillade pourraient être des migrants en Nouvelle-Zélande. » a-t-elle dit. « Ce sont peut-être même des réfugiés ici. Ils ont choisi de faire de la Nouvelle Zélande leur maison et c’est leur maison. Ils sont des nôtres ».

Cet attentat a soulevé un tollé d’indignation à travers le monde. Et, alors que les autorités néo-zélandaises n’ont pas hésité à parler de terrorisme d’extrême droite, on assiste à une sorte de réveil en ce domaine. Pour avoir participé à la commission spéciale sur le terrorisme du Parlement européen, je sais que les services de renseignement européens alertent depuis plusieurs années sur les risques posés par l’ultradroite qui « rêve » de provoquer des affrontements intercommunautaires en attaquant des populations musulmanes.

On peut penser que la Nouvelle Zélande est très loin de nous mais la réaction de Recep Tayyip Erdoğan instrumentalisant l’attentat de Christchurch en pleine campagne électorale a de quoi inquiéter. Il alimente le fameux « choc des civilisation ».

Nous nous devons de réagir. La haine alimente la haine. La lutte contre tous les racismes quels qu’ils soient doit être au cœur de nos combats notamment pour la campagne des élections européennes. C’est un combat pour l’égalité.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche