« L’éducation dès le plus jeune âge pour ne plus accepter les comportements sexistes » - La Marseillaise

« L’éducation dès le plus jeune âge pour ne plus accepter les comportements sexistes » - La Marseillaise

Je vous invite à lire l'article de la Marseillaise en vue de la projection débat du film « La Belle et la meute » à laquelle je participerai le 8 mars 2018 à Manosque (04).

Retrouvez cet article ici.

Amnesty international invite le 8 mars à Manosque, Marie-Christine Vergiat, députée européenne (FdG), membre de la commission des Droits de l’Homme, pour animer un débat qui sera à 18h15 impulsé au Lido par un film tunisien de Kaouther Ben Hania : « La Belle et la meute ».

Que pouvez-vous dire de la situation des femmes en Tunisie, un pays que vous connaissez bien ?

Sur de nombreux points, la Tunisie est un pays exemplaire où il y a depuis l’indépendance un mouvement des femmes très important. Une bataille est actuellement engagée sur deux sujets. La première de ses revendications est acquise. On a désormais le droit de se marier avec un non musulman. La seconde demande concerne l’égalité du droit à l’héritage, une première dans les pays du Maghreb. Il y a bien sûr des violence faites aux femmes comme il y en a partout, y compris en France où une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint.

Il est question dans le film de violences policières et de leur impunité...

C'est une réalité insupportable, notamment dans les pays du Maghreb. Les choses évoluent trop lentement et il y a en Tunisie beaucoup à faire de ce point de vue.

Que pensez-vous de l’actuel jaillissement de la parole des femmes en Occident ?

Cette parole se libère sur tous les continents. C’est une bonne chose et j'espère que la Journée du 8 mars en remettra une couche. Il faut encourager cet élan, éviter le piège de l’étouffoir.
Comment est considérée cette question des femmes par la l’institution européenne ?

La commission des femmes est très vigilante. Je suis fière d’y appartenir, c’est le seul groupe européen paritaire. Les femmes sont en première ligne de l’inégalité salariale, de la pauvreté, de l’emploi précaire, les premières à subir les contraintes causées par la casse des services publics. On observe de grandes disparités à l’intérieur même de l’Europe. Les inégalités en la matière sont par exemple très importantes entre les pays scandinaves très avancés et la Pologne... L’Europe a permis de progresser dans les années 1980, mais on est depuis passé de la stagnation à la régression. Ce constat d’échec n’est pas le seul fait de l’Europe, c’est aussi la responsabilité des Etats membres qui ont leur mot à dire... Le parlement avait par exemple proposé de passer le congé maternité de 16 à 20 semaines mais le texte a été bloqué.

Selon vous quel est le levier prioritaire à une évolution favorable ?

L’éducation. Et dès le plus jeune âge, pour ne plus accepter les comportements sexistes. J’ai le regret de le dire mais nous sommes dans la régression d’une société de plus en plus conservatrice. Il y a 30 ans on avait presque oublié le rose et le bleu. C’est revenu en force. Mais de plus en plus les femmes prennent la parole et il y a des choses qui bougent.

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Eurocitoyenne, le site internet de Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne Front de Gauche