Lutte contre le terrorisme et Etat d'urgence : plus que jamais raison garder - chronique pour le Travailleur alpin

Lutte contre le terrorisme et Etat d'urgence : plus que jamais raison garder - chronique pour le Travailleur alpin

Travailleur alpin, décembre 2015 : Après les terribles attentats de Paris, mes pensées vont d’abord aux victimes et à leurs familles : celles de Paris et de Saint Denis bien sûr, mais aussi toutes celles qui ont été et sont encore touchées par cette barbarie, en Tunisie, en Turquie, au Yémen, au Kenya, au Liban, en Égypte,  au Mali , comme en Irak et en Syrie.

Après les terribles attentats de Paris, mes pensées vont d’abord aux victimes et à leurs familles : celles de Paris et de Saint Denis bien sûr, mais aussi toutes celles qui ont été et sont encore touchées par cette barbarie, en Tunisie, en Turquie, au Yémen, au Kenya, au Liban, en Égypte,  au Mali, comme en Irak et en Syrie(1).

Une très grande majorité de la population a peur. C'est normal pour ne pas dire naturel.

Les gouvernements réagissent presque exclusivement par une surenchère sécuritaire. Pas moins de 15 lois antiterroristes ont été votées depuis 1986. À chaque nouvel attentat, on en rajoute  sans s’interroger sur ce qui n'a pas fonctionné précédemment. C'est toujours plus de fichage, d'atteintes aux libertés. Et de plus en plus de gens disent : « ce n'est pas grave si je n'ai rien à me reprocher ». Cette réaction est compréhensible de la part de personnes non averties mais pas de femmes et d'hommes politiques qui se disent progressistes. Les lois d'exception ont de tout temps été détournées de leurs objectifs.

En janvier dernier, on a fait voter une loi sur le renseignement  destructrice de libertés dépassant largement le cadre du terrorisme.

Et quatre jours après les attentats, l’état d'urgence a été prolongé de trois mois, écartant contrôles du Parlement et du juge judiciaire mais pire, les pouvoirs de l’exécutif, déjà largement exorbitants en période d’urgence, ont été considérablement renforcés. Et on propose de modifier la Constitution pour institutionnaliser cet état d'urgence renforcé.

On me dit, on ne lutte pas contre Daesh avec des roses. Certes… Mais il faut s’interroger  sur ses causes si on veut tenter de l’éradiquer.  Celles-ci sont complexes et s'entrecroisent dans le parcours de ceux qui commettent ces actes odieux.

Or, les responsabilités des « puissances  occidentales » sont lourdes particulièrement depuis  l'intervention américano-britannique en Irak en 2002. Les violations outrancières des droits des populations, qui en ont résulté, ont fait de cette région un terreau propice pour les recruteurs de haine. Il faut réviser ces stratégies d’intervention néocolonialistes et mettre en cause ces allégeances mortifères qui bafouent les droits de l’Homme et soutiennent directement ou indirectement ces réseaux terroristes, et couper  les réseaux de financement.

Crise de l’Islam, nous dit-on, en calquant nos grilles occidentales et plus encore chrétiennes  sur un monde pour le moins diversifié (le premier pays musulman est l’Indonésie).

Crise des banlieues, là encore vocabulaire réducteur qui dédouane des responsabilités notamment institutionnelles  dans un pays où les inégalités ne cessent de s’aggraver.

Perte de repères globaux, crise des idéologies dans une société de plus en plus individualiste et consumériste qui amène certains  à se demander si on ne devrait pas parler d’islamisation de la radicalité plutôt que de radicalisation de l'islam (2)….

Alors oui, nous devons refuser de nous faire piéger, nous devons refuser les amalgames, réagir  et libérer la parole de toutes celles et tous ceux qui s’interrogent en créant des espaces de citoyenneté où les points de vue peuvent se confronter sans discriminations.

 

(1) Liste malheureusement non exhaustive

(2) http://www.regards.fr/web/article/alain-bertho-une-islamisation-de

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